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À la Cour supérieure de trancher dans le dossier qui oppose Hydro-Québec à Saint-Adolphe-d'Howard

Est-ce que David gagnera finalement son combat contre Goliath?

14/12/2017 13:58 EST | Actualisé 14/12/2017 13:59 EST

La municipalité de Saint-Adolphe-d'Howard s'est adressée à la Cour supérieure, jeudi à Montréal, dans l'espoir de faire suspendre sur son territoire les travaux de la ligne à haute tension d'Hydro-Québec Grand-Brûlé/Dérivation Saint-Sauveur.

Dans sa requête, la municipalité demande à la cour d'annuler la décision d'Hydro-Québec de procéder à la construction de la ligne, qualifiant cette décision de «déraisonnable car préjudiciable, capricieuse et discriminatoire».

Elle demande également l'annulation de la décision du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques d'avoir émis des Certificats d'autorisation à Hydro-Québec.

Le juge de la Cour supérieure doit entendre la requête au courant de la journée.

Saint-Adolphe-d'Howard rappelle que l'économie de la municipalité repose sur le tourisme et la villégiature, ajoutant que «les paysages exceptionnels et les 85 lacs de la municipalité sont à la base de cette économie».

La municipalité compte aussi une station de ski au cœur de son noyau villageois, souligne-t-on dans la requête.

«Malgré tous les efforts de bonne foi de la municipalité de persuader Hydro-Québec, soit de privilégier l'utilisation de lignes existantes, soit de mitiger les dommages environnementaux en utilisant les emprises existantes, en optant pour un tracé de moindre impact contournant la municipalité, Hydro-Québec a choisi un trajet traversant la municipalité», indique la Ville.

Discrimination «illégale et abusive»

La municipalité juge par ailleurs qu'Hydro-Québec fait de la «discrimination illégale et abusive» en excluant la possibilité d'enfouir les câbles, comme elle a pourtant accepté de le faire pour le projet «Northern Pass», en Estrie, afin de préserver le patrimoine de la forêt Hereford.

«Dans (un) communiqué de presse, Hydro-Québec précise qu'elle peut se permettre d'enfouir les câbles sous la forêt Hereford, compte tenu des revenus d'exportation générés par le projet Northern Pass», note-t-on dans la requête.

«(Cela) veut dire que les citoyens de l'Estrie, dont le territoire visé partage les mêmes caractéristiques que celui de Saint-Adolphe, ont droit de bénéficier des revenus d'exportation d'Hydro-Québec, mais que ceux des Laurentides ne le peuvent pas, car la ligne de transmission vise seulement la consommation régionale.»

Des partisans de l'option d'enfouissement à Saint-Adolphe-d'Howard avaient d'ailleurs manifesté à Montréal, dimanche, afin de réclamer une intervention directe du premier ministre du Québec afin de sauvegarder le paysage de leur municipalité.

L'ancienne mairesse de Saint-Adolphe-d'Howard, Lisette Lapointe, avait alors déclaré que «les paysages touristiques des Laurentides sont aussi importants que ceux de l'Estrie».

La conseillère aux affaires publiques et aux relations avec les médias chez Hydro-Québec, Geneviève Chouinard, avait de son côté fait valoir que pour que le décor de Saint-Adolphe-d'Howard demeure intact, il faudrait que la société d'État refile une facture drôlement salée à ses clients.

Mme Chouinard avait affirmé que pour enfouir la portion de la ligne devant être aménagée dans cette municipalité, une somme d'environ 60 millions $ devrait être déboursée.

«Si Hydro-Québec offre l'enfouissement à Saint-Adolphe-d'Howard, lorsqu'on le demandera ailleurs dans la province, il faudra également être en mesure de le faire», a expliqué Geneviève Chouinard.

Protéger le papillon monarque

Parmi les arguments de la municipalité pour convaincre le juge de suspendre les travaux, elle évoque le fait que son territoire comprend des zones d'habitat naturel du papillon monarque.

Or nulle part, dans les documents remis par Hydro-Québec au ministère de l'Environnement, il n'est fait mention de l'impact de la ligne sur l'habitat de cet insecte, regrette la municipalité.

«Quoique le papillon monarque ne soit pas encore une espèce désignée par la législation québécoise comme étant en danger, elle l'est en Ontario et autres juridictions, incluant le Mexique», note-t-elle dans la requête.

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