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12/12/2017 20:01 EST | Actualisé 12/12/2017 20:01 EST

Les États-Unis prêts à parler à la Corée du Nord «sans condition préalable»

Jusqu'ici, l'administration de Donald Trump avait toujours affirmé que d'éventuelles futures négociations avec la Corée du Nord ne pourraient se tenir.

Bloomberg via Getty Images

Les États-Unis ont dit mardi être prêts à entamer des discussions avec la Corée du Nord "sans condition préalable", même s'ils restent déterminés à obtenir par tous les moyens, y compris militaires, que Pyongyang renonce à l'arme nucléaire.

Au moment même où le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson faisait cette annonce qui semble assouplir la position de Washington, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a lui alimenté la guerre des mots de ces derniers mois, en faisant connaître son intention de faire de son pays "la puissance nucléaire et militaire la plus forte au monde".

Jusqu'ici, l'administration de Donald Trump avait toujours affirmé que d'éventuelles futures négociations avec la Corée du Nord ne pourraient se tenir, à terme, qu'à condition d'avoir comme objectif la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Il n'est pas réaliste de dire +nous allons discuter avec vous seulement si vous venez à la table des négociations prêts à abandonner votre programme+" nucléaire, a dit mardi Rex Tillerson lors d'une conférence à Washington. "Ils ont bien trop investi là-dedans", a-t-il estimé au sujet du développement de missiles intercontinentaux et d'armes nucléaires par le régime de Pyongyang.

"Nous sommes prêts à discuter dès que la Corée du Nord voudra discuter", a-t-il poursuivi. "Nous sommes prêts à tenir une première réunion sans condition préalable."

"Rencontrons-nous, parlons de la météo si vous voulez, ou discutons pour savoir s'il faut une table carrée ou ronde si c'est ce qui vous fait plaisir. Mais au moins voyons nous face à face et ensuite on pourra commencer à établir une feuille de route de ce vers quoi nous voudrions aller", a-t-il encore détaillé.

Changement de stratégie? Par le passé, le secrétaire d'Etat s'est fait publiquement rabrouer par Donald Trump pour avoir évoqué l'existence de "canaux de communication" pour "sonder" les intentions de Kim Jong-Un en vue d'un éventuel dialogue.

"Il perd son temps à négocier", avait tweeté début octobre le président américain.

- 'La première bombe' -

Mardi, son secrétaire d'Etat a évoqué l'absence de condition préalable lors d'une séance de questions-réponses. Dans son discours préparé à l'avance, il n'y avait pas fait référence, mais il avait rappelé que l'objectif américain restait bien d'obtenir, coûte que coûte, l'abandon "vérifiable" des armes nucléaires par la Corée du Nord.

"Je vais poursuivre nos efforts diplomatiques jusqu'à ce que la première bombe soit lâchée", a-t-il d'ailleurs lancé, tout en se disant "confiant" dans la réussite de la "campagne de pression" internationale visant à sanctionner et isoler Pyongyang.

"Comme toujours dans la diplomatie", "nous avons une présence militaire forte derrière nous": "si la Corée du Nord fait de mauvais choix, nous sommes prêts militairement", a-t-il aussi prévenu, estimant que les Etats-Unis ne pouvaient "simplement pas accepter une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire".

Donald Trump a plusieurs fois menacé de "détruire totalement" la Corée du Nord en cas d'attaque de la part du régime de Kim Jong-Un.

Selon le chef de la diplomatie américaine, si les Nord-Coréens ne renoncent pas à leurs ambitions nucléaires, "ils risquent de franchir un seuil à partir duquel nous, les diplomates, ne pourrons plus rien faire". "Si nous franchissons ce seuil, j'aurais échoué. Et je ne veux pas échouer", a insisté Rex Tillerson.

S'il n'y a pas de condition préalable à un dialogue, et si "la porte est ouverte", le secrétaire d'Etat a tout de même rappelé, comme par le passé, que des discussions ne pourraient intervenir qu'après "une période de calme". "Ce serait difficile de parler si au milieu de notre discussion vous décidez de tester un autre engin", a-t-il dit à l'intention de Pyongyang, qui a tiré le 28 novembre son dernier missile capable selon des experts d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis.

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