POLITIQUE
12/12/2017 14:06 EST | Actualisé 12/12/2017 14:06 EST

Le Québec arrive bon dernier pour les investissements par étudiant

Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu'il se situe - tout comme le Canada - bien au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE.

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Le Québec fait figure de cancre canadien en matière d'investissements en éducation.

Les données rendues publiques par Statistique Canada, mardi, démontrent que le Québec est la province qui investit le moins par élève lorsqu'on combine l'enseignement primaire, secondaire et postsecondaire, soit un total de 33 005 $ US par étudiant, comparativement à la moyenne canadienne qui se situe à 36 252 $ US.

En fractionnant les chiffres, on constate que le Québec vient au huitième rang parmi les provinces pour ce qui est des investissements par élève au niveau primaire et secondaire (10 221 $ US), mais ce sont les investissements au niveau universitaire (22 784 $ US) qui le font chuter au dernier rang pour l'investissement total.

Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu'il se situe - tout comme le Canada - bien au-dessus de la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui est de 26 163 $ US. Cependant, puisqu'il s'agit d'une moyenne, tant le Canada que le Québec se situent derrière les deux plus grands investisseurs de l'OCDE que sont les États-Unis (41 504 $ US) et le Royaume-Uni (36 512 $ US).

C'est Terre-Neuve-et-Labrador qui arrive au premier rang avec des investissements totalisant 44 993 $ US par étudiant, suivi de la Saskatchewan (44 607 $ US) et de l'Alberta (43 458 $ US). De manière segmentée, Terre-Neuve-et-Labrador occupe le premier rang au niveau postsecondaire alors que la Saskatchewan a cette distinction au niveau primaire et secondaire.

À l'opposé, la Colombie-Britannique vient au dixième rang des investissements par élève de niveau primaire et secondaire (8838 $ US) et l'Île-du-Prince-Édouard au neuvième avec une somme moyenne de 10 163 $ US par élève.

Les enseignants québécois moins bien payés

De manière parallèle, les enseignants québécois sont les moins bien payés au pays. Ainsi, un enseignant à temps plein au premier cycle du secondaire gagnera 42 407 $ CAN en début de carrière, comparativement à la moyenne nationale de 52 064 $ CAN, et verra son salaire atteindre 75 956 $ CAN au sommet de l'échelle salariale, alors que la moyenne canadienne se situe à 87 202 $ CAN.

Seul le Nouveau-Brunswick se situe aussi sous la barre des 80 000 $ CAN au sommet de l'échelle, à 76 753 $ CAN.

À l'opposé, c'est dans les Territoires du Nord-Ouest - où le salaire d'entrée de 76 311 $ CAN est supérieur au sommet de l'échelle québécoise - qu'un enseignant aura la meilleure rémunération au sommet de l'échelle, soit 108 624 $ CAN.

À l'échelle internationale, le Canada fait bonne figure puisque le salaire moyen de 65 621 $ US après 15 ans d'enseignement au premier cycle du secondaire le place au quatrième rang des 35 pays de l'OCDE. Les enseignants canadiens ne sont devancés que par leurs vis-à-vis du Luxembourg (113 136 $ US), de l'Allemagne (74 078 $ US) et des Pays-Bas (69 268 $ US).

Un Canada bien éduqué

Les données de l'agence fédérale nous apprennent par ailleurs que le Canada n'a rien à envier aux autres pays de l'OCDE quant au niveau d'éducation de ses citoyens, alors que 91 pour cent des Canadiens âgés de 25 à 64 ans sont titulaires au minimum d'un diplôme d'études secondaires ou d'une attestation d'études postsecondaires.

La moyenne des pays de l'OCDE se situe à 78 pour cent et seules la République tchèque (94 pour cent) et la Pologne (92 pour cent) le devancent à ce chapitre, alors que les États-Unis sont à l'équivalence à 90 pour cent.

De manière plus ciblée, plus de deux Canadiens sur trois (68 pour cent) détiennent un diplôme d'études postsecondaires, soit un niveau de loin supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE qui se situe à 42 pour cent.

Par contre, 12 pour cent des jeunes Canadiens de 15 à 29 ans n'étaient ni aux études, ni en emploi, ni en formation. Bien que ce pourcentage soit inférieur à la moyenne de 14 pour cent affichée par l'OCDE, il est comparable à ceux du Royaume-Uni et des États-Unis et supérieur à celui de l'Allemagne et du Japon, qui se situent à 10 pour cent dans les deux derniers cas.