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11/12/2017 11:34 EST | Actualisé 11/12/2017 13:53 EST

Trois accusatrices de Trump demandent au Congrès de faire enquête

La Maison-Blanche a rapidement nié les allégations.

Trois femmes qui avaient déjà accusé Donald Trump de comportement sexuel inapproprié l'année dernière ont demandé lundi au Congès d'ouvrir une enquête sur les agissements du président, deux d'entre elles ayant notamment assuré avoir été victimes d'agression sexuelle de sa part.

"Je demande que les membres du Congrès mettent de côté leur affiliation politique et enquêtent sur les comportements sexuels inappropriés de M. Trump", a déclaré lors d'une conférence de presse l'une des victimes présumées, Rachel Crooks, ancienne réceptionniste à la Trump Tower de New York.

En 2005, alors qu'elle est âgée de 22 ans, elle décide de se présenter au milliardaire sur son lieu de travail. Ce dernier lui sert la main avant de lui faire la bise, plusieurs fois, et de l'embrasser sur la bouche sans son consentement.

"J'étais choquée, anéantie", a-t-elle témoigné lundi lors de l'émission matinale de la chaîne NBC News, expliquant s'être sentie "un peu menacée", comme si elle n'avait "pas le choix".

The Washington Post/Getty Images
Jessica Leeds

Pour la première fois sur ce plateau télévisé, Rachel Crooks se retrouvait en compagnie de Samantha Holvey et Jessica Leeds. Les trois femmes, qui avaient déjà séparément pris la parole l'année dernière lors de la campagne présidentielle, ont décidé de témoigner dans la vague du mouvement #MeToo, créé après l'affaire Weinstein par des femmes pour dénoncer le harcèlement et les abus sexuels dont elles sont victimes.

Lors de la conférence de presse à New York, Rachel Crooks a notamment exprimé son souhait que le président soit "tenu responsable comme l'a été Harvey Weinstein".

'Fausses accusations'

La Maison Blanche a immédiatement réagi lundi en dénonçant "l'absurdité" de ces témoignages, qualifiés de "fausses accusations" mus par des "motivations politiques".

Jessica Leeds, une septuagénaire, a pour sa part accusé l'homme d'affaires de l'avoir touchée sans son consentement dans un avion dans les années 70. "Il avait ses mains partout, il m'embrassait et me touchait", a-t-elle témoigné.

JAMES LAWLER DUGGAN / Reuters
Rachel Crooks

Elle a expliqué l'avoir recroisé trois ans plus tard. Donald Trump l'aurait alors traitée de "cunt", un terme particulièrement insultant pour les femmes.

Samantha Holvey, qui avait participé au concours de beauté Miss USA du magnat de l'immobilier, a quant à elle raconté que Donald Trump, qui avait rencontré les participantes dans les coulisses, les avaient dévisagées de manière particulièrement concupiscente, comme si elles étaient "un morceau de viande".

Dimanche, l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley avait affirmé que les femmes qui ont accusé le président de harcèlement sexuel et gestes déplacés "devraient être écoutées". "Les femmes qui accusent quiconque devraient être entendues. Elles devraient être entendues et on devrait s'occuper d'elles", a déclaré Mme Haley sur CBS, alors qu'elle était interrogée sur ces accusations envers M. Trump.

En octobre 2016, à un mois de l'élection présidentielle, la diffusion d'une vidéo datant de 2005 montrant le milliardaire se vanter en termes très crus de pouvoir "attraper" les femmes par l'entrejambe, grâce à sa célébrité, avait fait scandale.

"Je suis conscient qu'il est ironique que je m'en aille alors qu'un homme qui a été enregistré en train de se vanter d'avoir agressé sexuellement des femmes occupe le Bureau ovale", avait ainsi déclaré jeudi le sénateur démocrate Al Franken qui a démissionné après des accusations comportement déplacé il y a plusieurs années.