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11/12/2017 16:50 EST | Actualisé 11/12/2017 16:50 EST

Des agences spatiales veulent un «Observatoire spatial du climat»

Visant à mutualiser les données climatiques obtenues depuis l'espace.

Regis Duvignau / Reuters
Des techniciens de l'Agence spatiale française (CNES) travaillent sur leur ordinateur.

Les agences spatiales d'une vingtaine de pays ont proposé la création d'un "Observatoire spatial du climat", visant à mutualiser les données climatiques obtenues depuis l'espace, dans une déclaration adoptée lundi soir à Paris.

La Chine, le Japon, l'Inde, l'Europe, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, la Suisse, l'Autriche, la Suède, la Norvège, la Roumanie, Israël, l'Ukraine et les Emirats Arabes Unis notamment, ont adopté cette "Déclaration de Paris", rédigée sous l'impulsion de la France.

L'agence américaine NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) n'était pas présente à la réunion organisée au siège du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), à l'occasion du sommet climat organisé mardi par le président français Emmanuel Macron. L'agence spatiale russe était absente elle aussi.

Sur les 50 variables climatiques essentielles à la compréhension du climat, 26 sont observées depuis l'espace grâce à des satellites. Ces derniers suivent notamment l'évolution des températures du globe, la hausse du niveau des océans, l'émission de gaz à effet de serre comme le gaz carbonique et le méthane.

"Dans la mesure où la surveillance depuis l'espace est par essence indépendante des frontières et universellement accessible, l'espace est particulièrement pertinent pour permettre la prise de conscience des questions liées au changement climatique", souligne la Déclaration de Paris.

"Le changement climatique étant un processus à long terme, il est absolument vital de disposer de séries de données de haute qualité s'étendant sur une longue période (au moins 30 ans)", relève le texte.

"Le but de cet Observatoire spatial du climat est d'arriver à coordonner tous les moyens qui existent", explique à l'AFP Jean-Yves Le Gall, le président du CNES.

"Aujourd'hui, la plupart des pays ne partagent pas leurs données satellitaires sur le climat. Il faut arriver à une libre circulation de ces données", dit-il. "Mais il faut aussi que les pays se mettent d'accord sur la nomenclature de ces données, sur leur forme, afin qu'on puisse les comparer".

"La Déclaration de Paris va permettre de lancer le mouvement". "Les Chinois sont pleins d'allant", assure le patron du CNES qui espère créer "un cercle vertueux".

En ce qui concerne les Etats-Unis, il pense que "cela va se terminer par leur neutralité à l'égard de cet Observatoire spatial".

Dans un premier temps, les agences favorables au projet vont réfléchir à des standards communs pour leurs données climatiques.

"L'objectif est de créer ensuite un site rassemblant toutes ces données", comme cela existe déjà pour les données spatiales sur les catastrophes naturelles au niveau mondial, indique Jean-Yves Le Gall.

La ministre française de la Recherche Frédérique Vidal, présente au CNES, a salué "cet engagement fort de la communauté spatiale mondiale", auquel elle souscrit "pleinement".

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