BIEN-ÊTRE
10/12/2017 14:34 EST | Actualisé 10/12/2017 14:34 EST

Voici la façon la plus saine de naviguer sur Instagram

Les psychologues donnent leurs cinq trucs pour utiliser l'application.

Toby Melville / Reuters

Les médias sociaux font maintenant partie intégrale de nos vies. Par exemple, l'utilisateur moyen passe 50 minutes sur Facebook, Instagram et Facebook Messenger pendant une journée typique, selon des données de 2016. C'est beaucoup plus que les 17 minutes que l'adulte américain moyen passe à faire de l'exercice au quotidien, selon des données de 2012 des Centers for Disease Control and Prevention.

Et même si plusieurs d'entre nous ont été avertis, il y a de bonnes chances que ce n'est pas bon pour notre psyché. Les jeunes adultes qui utilisent les médias sociaux pendant plus de deux heures par jour sont 2,7 fois plus propices à être déprimés, selon une étude de 2016 de l'Université de Pittsburgh.

Tandis que la dépression déjà existante pourrait causer cette utilisation de médias sociaux, la recherche suggère que les plate-formes elles-mêmes - surtout Instagram - jouent un rôle important. Cette année, un sondage de 1500 jeunes au Royaume-Uni a classé Instagram comme la pire plate-forme de médias sociaux pour la santé mentale, avec des participants citant des augmentations de problèmes d'anxiété, de dépression et d'image corporelle en utilisant l'application. Plusieurs experts blâment la comparaison sociale, l'effet par lequel les utilisateurs de médias sociaux déterminent leur propre valeur selon les personnes auxquelles ils se comparent - souvent apparemment plus minces, riches ou qui ont plus de plaisir.

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Attractive woman taking selfie with smart phone, mobile phone. Modern concept of photography, selfie, beautiful woman taking pictures of herself

Mais ce n'est pas juste les jeunes qui sont affectés par Instagram - l'étude de l'Université de Pittsburgh mentionnée ci-haut a étudié des adultes jusqu'à l'âge de 32 ans. Et les effets négatifs de l'envie n'arrêtent pas là, selon Emily Weinstein, une chercheuse de l'Université Harvard qui a récemment publié sa propre étude sur son utilisation d'Instagram.

«La comparaison n'arrive pas comme ça pour les adolescents et pour les jeunes adultes. C'est plutôt des événements de chaque étape de leurs vies qui pourraient susciter cette réaction», a-t-elle dit au HuffPost. Par exemple, pour un adolescent mal dans sa peau, voir des photos de blogueurs super en forme peut le rendre jaloux, tandis que pour un célibataire dans la vingtaine, les images des couples heureux peuvent causer le désespoir. «Ça peut arriver à n'importe quel âge.»

HuffPost a parlé avec des experts en psychologie, la plupart qui sont d'accord que le fait d'éviter Instagram au grand complet est irréaliste dans notre société hyper connectée. À la place, ils offrent des trucs pour utiliser l'application de façon plus saine.

1. Arrêtez de suivre les comptes qui vous ne vous rendent pas heureux

Pensez à la méthode KonMari, mais pour votre fil Instagram: la prochaine fois que vous ouvrez l'application à une image en particulier, demandez-vous comment l'image vous fait sentir. Est-ce que la photo des vacances de vos amis vous décourage d'être assis à votre bureau? Est-ce que la photo de votre neveu vous rend de bonne humeur?

Gardez en tête que la même image qui produit un sentiment négatif pour une personne peut apporter des sentiments positifs pour une autre, rapporte Weinstein.

«Pour certaines personnes, suivre ces blogues de design et de décor peut être calmant, et pour d'autres, les photos peuvent les rendre envieuses, parce que leurs maisons ne ressemblent pas à ça», dit-elle. «On ne va pas tous regarder le même contenu et avoir la même réaction.»

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Woman taking photo of pumpkin soup with smartphone

C'est pourquoi il est important d'évaluer pour vous-même quels comptes vous rendent heureux et quels comptes vous rendent de mauvaise humeur, dit Weisntein. Tandis que vous pouvez faire ça une photo à la fois à chaque fois que vous ouvrez une session dans l'application, c'est aussi fort probable que vous sachiez déjà quels comptes vous inspirent et lesquels vous rendent jaloux, tristes, ou vous font sentir que vous manquez quelque chose.

«La plupart d'entre nous savent où commencer pour se désabonner à des comptes, et une fois que vous commencez, ça devient évident et habituel», dit-elle. «C'est d'élever votre conscience.»

Si vous ne pouvez pas savoir si un compte améliore votre état mental ou pas, Weinstein suggère d'arrêter de le suivre pendant quelques semaines pour voir s'il vous manque. Vous pouvez toujours recommencer à le suivre après.

2. Augmentez le contenu positif

Pendant que vous y êtes, vous pourriez suivre davantage de comptes similaires à ceux qui vous font sentir bien, dit Weinstein. Pour plusieurs personnes, il s'agit de comptes de mèmes drôles ou de ceux qui ont rapport avec un hobby en particulier, comme voyager ou l'art.

3. Rappelez vous que les gens ne publient pas à propos de leur vraie vie

C'est sûr qu'on sait tous qu'Instagram présente une version filtrée de la réalité. Mais c'est critique de se le rappeler tandis qu'on fait défiler les images, dit Brian Primack, auteur principal de l'étude de l'Université de Pittsburgh. On peut subconsciemment s'attendre à ce que les images des vedettes soient modifiées mais on oublie que nos amis choisissent et éditent leurs photos aussi.

«Quand on voit les comptes Instagram d'un mannequin ou d'une annonce, on sait que cette personne n'est pas vraie ou a été Photoshoppée», dit Primack. «Mais quand vous voyez vos amis de l'université avoir une vie fantastique, vous savez que c'est des vraies personnes, donc vous ne pensez pas au fait qu'ils organisent ce qu'ils mettent sur Instagram. C'est facile de penser «Hey, tout le monde a une vie incroyable et a plus de succès que moi. J'ai des défis.»

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Sydney, Australia - January 22, 2014: Close up of Instagram on an Iphone in a cafe showing Miley Cyrus Instagram page with coffee and Ipad in the background

Dans son étude, Weinstein a trouvé que les attitudes des adolescents à propos d'Instagram affectent comment ils se sentent après avoir regardé leur fil. Ceux qui ont gardé en tête que les images étaient organisées et éditées ont rapporté davantage d'émotions positives après avoir regardé leur fil Instagram tandis que ceux qui l'ont pris de façon plus littérale ont fait plus de comparaisons mentales du style «la vie de cette personne est meilleure que la mienne.» Rendez-vous service, et rappelez-vous la nature des photos Instagram avant d'ouvrir l'application.

4. Publiez, aimez et envoyez des messages plus souvent

En tout, on passe plus de temps à regarder les médias sociaux (regarder de façon passive) qu'on passe de temps à répondre aux publications ou à créer les nôtres (regarder de façon active). Une étude de 2015 des habitudes Facebook a trouvé que les participants utilisaient le site de façon passive environ 50% plus qu'ils l'utilisaient activement. Une autre étude a trouvé que l'utilisation passive avait tendance à endommager la comparaison sociale et l'envie, tandis que l'utilisation active créait des sentiments de connexion sociale et d'amitié.

Ça veut dire que de commenter et de publier des photos sur Instagram est mieux que de regarder des photos de façon bêtifiante, selon Philippe Verduyn, l'auteur principal de l'étude et un professeur adjoint de psychologie à l'Université Maastricht aux Pays-Bas. «C'est mieux d'engager avec vos connexions en ligne, de partager des photos - vous vous sentirez plus connectés à vos amis en ligne, parce que c'est plus propice qu'ils répondent à vos publications.»

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Laughing young woman looking at smartphone on summer evening

5. Demandez vous les cinq «pourquoi»

Plusieurs utilisateurs sont familiers avec le sentiment de regarder leur fil Instagram pour éviter quelque chose, que ce soit de se lever de leur lit le matin ou de se motiver à répondre à un texto conflictuel. Parfois, la culpabilité se fait sentir quand on réalise combien de temps on a passé sur l'application.

Pour réduire ce sentiment - et pour rendre votre expérience plus agréable - ça aide d'analyser précisément pourquoi vous allez sur Instagram, selon Oscar Ybarra, un professeur de psychologie à l'Université du Michigan qui a coécrit l'étude avec Verduyn.

Son processus des cinq pourquoi implique de vous demander pourquoi vous utilisez Instagram, comme par exemple «je m'ennuie en attendant en ligne à l'épicerie» et ensuite vous demander la même question encore, par exemple «pourquoi je ne parle pas avec les gens autour de moi? Parce que je suis nerveux à l'idée d'initier la conversation» jusqu'à ce que vous l'ayez fait cinq fois. Les résultats pourraient vous surprendre.

«Plusieurs fois, on se connecte à ces sites pour se distraire ou pour passer le temps, mais on ne se confronte jamais à pourquoi on le fait», explique Ybarra.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l'anglais.

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