POLITIQUE
10/12/2017 12:01 EST | Actualisé 10/12/2017 14:40 EST

Gicleurs dans les résidences:la CAQ critique le programme d'aide du gouvernement

Après l'incendie à l'Isle-Verte, le gouvernement avait annoncé que les propriétaires de résidences privées devraient obligatoirement installer des gicleurs.

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La Coalition avenir Québec (CAQ) exhorte le gouvernement à modifier immédiatement son programme d'aide financière pour l'installation de gicleurs dans les résidences privées pour aînés (RPA), qui selon le parti, est mal organisé et menace certains établissements de fermeture.

Dans la foulée de l'incendie à l'Isle-Verte qui a coûté la vie à 32 personnes, le gouvernement du Québec avait annoncé que les propriétaires de résidences privées devraient obligatoirement installer des gicleurs. Un programme d'aide financière avait été établi pour appuyer les résidences afin qu'elles se conforment au règlement d'ici le 2 décembre 2020.

Or, selon la CAQ, les modalités du programme sont mal conçues, car les propriétaires doivent eux-mêmes débourser des sommes pour entamer l'installation. Le gouvernement dispose de cinq ans pour les rembourser lorsque les travaux sont finis, à raison de deux versements par année.

Ainsi, plusieurs propriétaires sont forcés de contracter des prêts de plusieurs dizaines de milliers de dollars auprès de leur institution financière, puisqu'ils n'ont pas assez de réserves pour assumer ces coûts onéreux.

En entrevue dimanche après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a accusé la CAQ de faire des "manoeuvres politiques", car le gouvernement mène des consultations depuis cet automne en vue d'une mise à jour du programme, qui sera annoncée en janvier.

M. Barrette n'a pas pu donner de détails sur cette mise à jour pour l'instant, mais il a assuré que tous les acteurs du milieu avaient été consultés.

"Je vous dirais qu'on donne suite de façon très significative aux demandes qu'on nous a faites, on comprend la problématique", a-t-il indiqué.

En entrevue téléphonique, samedi, François Paradis a suggéré au gouvernement de commencer à verser l'argent avant les travaux, dès que les propriétaires disposent de plans, de devis et d'une soumission d'un entrepreneur certifié.

M. Paradis souligne que les propriétaires de résidences sont majoritairement en faveur de l'installation de gicleurs, mais ils ont besoin d'une aide plus rapide du gouvernement.

Le ministre Gaétan Barrette a toutefois rejeté d'avance cette idée.

"Ils proposent de donner de l'argent sans preuve de travaux. Ça, c'est la CAQ, c'est le populisme", a-t-il laissé tomber.

Selon le propriétaire d'une petite résidence à Portneuf, Bertrand Chabot, les propriétaires sont pris entre l'arbre et l'écorce, car les institutions financières et le gouvernement se renvoient la balle sur la responsabilité du problème.

M. Chabot souligne que les institutions financières hésitent à prêter de gros montants, puisque le remboursement du gouvernement s'étale sur une longue période.

Et ces prêts des banques ne couvrent pas tous les coûts de l'installation, selon M. Chabot. Par exemple, pour son établissement de dix résidants, il devra payer 68 000 $.

"Nous, les RPA, la moyenne par mois que l'on peut charger dans les résidences privées, c'est 15 000 $ pour dix résidants. On n'est pas contre l'idée, mais on a besoin d'avoir de l'aide", a-t-il soutenu au bout du fil.

Le ministre Gaétan Barrette montre du doigt les institutions financières, qui selon lui, ont assez de garanties pour prêter l'argent.

"Elles ont la garantie, c'est un programme normé, qui est clairement publié comme tel, alors à part mettre notre nom sur le prêt... C'est la seule chose qui manque", a-t-il dit.

Selon les chiffres de la CAQ, en date du mois d'octobre, seulement 50 pour cent des résidences étaient munies de gicleurs.

Ni M. Paradis, ni M. Barrette ne souhaitent toutefois repousser l'échéance fixée en 2020. Selon le ministre Barrette, "c'est tout à fait faisable".

Lors de la mise en place du programme d'aide financière pour l'installation de gicleurs, en 2015, le gouvernement du Québec évaluait qu'il lui coûterait 252,5 millions $.