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08/12/2017 14:04 EST | Actualisé 08/12/2017 17:01 EST

Le correspondant du New York Times Dan Bilefsky, heureux de revenir à Montréal

Le contexte géopolitique du Canada fait en sorte qu'il s'agit d'un bon moment pour rentrer au pays, selon Bilefsky.

Oscar Ortega

Le 28 novembre dernier, Dan Bilefsky devenait le premier correspondant du New York Times à Montréal en près de 70 ans. Le Montréalais d'origine, qui a quitté la métropole il y a près de trente ans, se dit enthousiaste de revenir dans la ville qui l'a vu grandir.

«J'ai toujours pensé revenir au Canada à un moment», lance-t-il d'entrée de jeu, en français. Le journaliste d'expérience a travaillé pour le New York Times à New York, Londres, Prague, Istanbul, Bruxelles et Paris. Il a eu l'occasion de continuer à pratiquer la langue de Molière, qu'il a appris à l'école, lors de ses passages dans ces deux dernières destinations.

J'ai toujours pensé revenir au Canada à un moment.

Pour Bilefsky, il s'agit du moment idéal pour revenir au pays. «Au niveau de la géopolitique, beaucoup de pays se tournent vers le Canada et observent ses politiques, ça rend le travail encore plus stimulant. Justin Trudeau est aussi un politicien intéressant à suivre. », explique le journaliste. Il souligne également que le Canada est un marché très intéressant pour le New York Times, qui compte beaucoup d'abonnés canadiens. Plusieurs Américains s'intéressent aussi au sort de leur voisin du nord, qui est parfois considéré comme étant un contrepoids à leurs propres politiques.

Une importance particulière accordée au français

Le retour à Montréal de Bilefsky est l'initiative du New York Times, qui a profité d'avoir sous la main un journaliste québécois parlant français. Le premier texte du journaliste en sol montréalais a d'ailleurs été traduit en français par son auteur et des collègues francophones. «Il est important d'écrire en français pour les Québécois», souligne Bilefsky.

Il est important d'écrire en français pour les Québécois.

Si les textes de Bilefsky ne seront pas tous bilingues, il s'agit d'un dossier sur lequel compte travailler le quotidien. L'annonce de l'affectation du correspondant ainsi que le communiqué de presse entourant celle-ci étaient par exemple rédigés dans les deux langues. Il ne s'agira toutefois pas des premiers textes rédigés en français pour le compte du New York Times, alors que des textes originaires de la France sont disponibles sur le site internet du journal depuis 2016.

Redécouvrir sa ville natale

Bien qu'il soit retourné à quelques reprises à Montréal depuis son départ, Bilefsky avoue qu'il aura besoin d'un peu de temps d'adaptation. «Même si je suis revenu quelques fois pour visiter ma famille [qui réside toujours dans la métropole], ça reste déstabilisant d'y déménager. C'est un défi, mais aussi une belle occasion de redécouvrir mon pays et ma ville.», relativise-t-il.

Le Montréalais n'a pas encore trouvé de logement et hésite entre quelques quartiers. «J'adore le Plateau, mon père est d'ailleurs né près de la rue Rachel. J'aime bien le Mile End aussi, qui me rappelle la sensibilité esthétique de Brooklyn. Peut-être que je devrais me faire pousser la barbe pour cadrer avec les hipsters du coin, par contre! Sinon, je regarde aussi les appartements du Vieux-Port, qui a une atmosphère très européenne.», explique-t-il.

Deux des arrières-grand-pères de Bilefsky ont travaillé dans ces quartiers, l'un comme ouvrier dans une usine du Plateau et l'autre, comme vendeur de fruits dans le Vieux Port.

Une atmosphère vivante

À Montréal depuis quelques jours seulement, Dan Bilefsky dit être impressionné par la vitalité et l'atmosphère de la ville. «Montréal a toujours été une ville où on travaille pour vivre et où on ne vit pas pour travailler», illustre-t-il.

Montréal a toujours été une ville où on travaille pour vivre et où on ne vit pas pour travailler.

Le journaliste vente également l'esthétique de la métropole, qu'il décrit comme étant un «compromis entre Paris et Brooklyn».

Musicien à ses heures -il joue du piano et de la flûte-, Dan Bilefsky ne tarit pas d'éloges envers le Festival International de Jazz de Montréal, qu'il considère être «l'un des meilleurs festivals de jazz au monde».

Bilefsky affirme être très intéressé à couvrir la scène culturelle de Montréal et est particulièrement friand de cinéma, de gastronomie et de musique et que son poste le servira en ce sens: «Pour le New York Times, la couverture littéraire et culturelle est très importante.»