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08/12/2017 12:56 EST | Actualisé 08/12/2017 12:56 EST

Doit-on nommer un civil pour diriger le SPVM ?

«Le prochain directeur devrait être un civil pour s'assurer qu'il ne soit pas dans un clan», affirme le chef de l'opposition à l'hôtel de ville.

THE CANADIAN PRESS

À la suite de la nomination du directeur général de la Sûreté du Québec (SQ) pour faire le ménage au SPVM, plusieurs se demandent si le prochain directeur du corps policier montréalais devrait être un civil sans expérience policière. C'est ce qui a été fait à la SQ, à la suite d'un rapport tout aussi accablant que le rapport Bouchard dévoilé mercredi.

Le 7 octobre 1998, Florent Gagné est nommé directeur général du corps de police provincial à la suite des conclusions dévastatrices de la Commission Poitras, chargée de faire la lumière sur les techniques d'enquête de la SQ. Haut-fonctionnaire au ministère des Transports, il n'a jamais porté l'écusson et prenait les rênes d'un autre administrateur civil nommé dans la foulée du même scandale.

«C'était un handicap, affirme M. Gagné en entrevue au HuffPost Québec. Ce n'est pas une question de compétence, c'est une question de crédibilité. Les gens se demandent si cette personne-là va pouvoir les diriger. Cette personne devra se faire accepter par les policiers.»

Un civil réclamé

N'empêche, les demandes se multiplient pour qu'un civil dirige le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lorsque le mandat du directeur intérimaire Martin Prud'homme prendra fin.

«Le prochain directeur devrait être un civil pour s'assurer qu'il ne soit pas dans un clan», affirme sans détour le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Lionel Perez.

M. Perez estime d'ailleurs qu'un «grand coup de barre» est nécessaire, ce qui pourrait nécessiter des changements dans la gouvernance au sein de la police montréalaise. Il suggère de revoir le mandat de la Commission de la sécurité publique.

Même son de cloche du côté du Parti québécois, qui aurait préféré qu'un civil prenne d'ores et déjà la barre du SPVM, en lieu et place de M. Prud'homme.

M. Prud'homme était sous-ministre à la Sécurité publique avant de prendre la tête de la SQ. Il avait toutefois de l'expérience policière préalable comme inspecteur au sein du même corps policier.

Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers, s'est dit ouvert à cette option sur les ondes de Radio-Canada jeudi.

«On aurait pu nommer un civil, ce n'est pas moi qui a fait le choix. Pour nous, ce qui est important, c'est que ça prenait quelqu'un de l'externe. Parmi nos policiers, on souhaitait un vent de l'extérieur», a-t-il dit.

L'avantage de l'indépendance

M. Francoeur estime qu'il est nécessaire de nommer un directeur entièrement indépendant de la direction à l'hôtel de ville de Montréal. Selon M. Gagné, l'indépendance est justement l'atout d'un administrateur civil.

«Un civil n'appartient à aucune organisation, il n'est pas dans la culture policière. Il voit les choses à partir d'une page blanche. Il a peut-être plus la liberté de voir quelque chose à froid», affirme l'ancien haut-fonctionnaire.

M. Gagné ne nommerait toutefois pas nécessairement quelqu'un de l'externe pour diriger le plus grand corps policier municipal au Québec.

«Si j'étais dans la situation de juger de ça, j'essaierais autant que possible de favoriser quelqu'un de l'interne. [...] Avec la quantité de gens qu'il y a au SPVM, il y a des gens qui ont de l'expérience. Mais si M. Prud'homme voit que ce ne serait pas sain parce qu'il y a des clans qui vont continuer à appuyer un gars ou un autre, à ce moment-là, quelqu'un de l'externe n'a pas ce désavantage», affirme-t-il.

L'administration Plante a fait connaître son intention de lancer rapidement le processus de nomination d'un nouveau directeur. Le mandat de Martin Prud'homme prendra fin dans un an.