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La France se prépare à enterrer son idole Johnny

Un hommage populaire lui sera rendu samedi à Paris, le convoi funéraire descendant les Champs-Élysées de l'Arc de Triomphe à la place de la Concorde.

07/12/2017 09:09 EST | Actualisé 07/12/2017 09:15 EST

La France, encore groggy jeudi au lendemain de la mort de son monument national Johnny Hallyday, se préparait à une cérémonie d'hommage en grande pompe samedi à Paris.

Un "hommage populaire" sera rendu samedi à Paris, le convoi funéraire descendant les Champs-Elysées de l'Arc de Triomphe à la place de la Concorde avant un "office religieux" à l'église de la Madeleine, a annoncé jeudi le palais de l'Elysée, précisant que le président Emmanuel Macron prendra la parole.

La célèbre tour Eiffel participera également au recueillement national. "De vendredi soir à dimanche soir, nous projetterons le message "Merci Johnny" sur @LaTourEiffel", a indiqué la maire de Paris Anne Hidalgo sur Twitter.

La disparition d'une personnalité aussi populaire que l'interprète de "Que je t'aime", "Quelque chose de Tennessee" ou encore "Allumer le feu" pose de considérables problèmes de logistique et de sécurité, les fans attendus étant nombreux, même s'il n'y a pas eu jusqu'ici de rassemblements massifs ou de veillées monstres.

"Ca peut être un rassemblement d'un très grand nombre de personnes et donc il faut mobiliser pour ces rassemblements beaucoup de forces de police", avait expliqué un peu auparavant l'annonce un membre du gouvernement, Christophe Castaner.

'Emotion qui rassemble'

"Il y a une émotion, une émotion extrêmement forte, une émotion qui rassemble (...) Et donc je crois que les Français ont cette envie de partager l'émotion", a estimé M. Castaner.

"Trésor national", "La dernière idole", "légendaire", numéros spéciaux, Unes noires... La presse dans son ensemble se faisait l'écho du choc que subit le pays depuis la nuit de mardi à mercredi, quand l'épouse de Johnny Hallyday a annoncé à l'AFP la mort de celui qui était bien plus qu'un chanteur, un élément du patrimoine français.

Marc Piasecki via Getty Images

En 2006, Johnny Hallyday avait trouvé "pas terrible" l'idée de funérailles nationales.

Je ne suis pas une star absolue, je suis un homme simple.Johnny Hallyday, dans une entrevue à la télévision

Il pourrait être enterré hors de métropole, sur l'île des Caraïbes de Saint-Barth, où il avait une maison. "Il m'a confié à plusieurs reprises qu'il souhaitait être enterré à Saint-Barth, les discussions sont en cours avec la famille", a déclaré à l'AFP le président de la Collectivité de Saint-Barth.

En attendant le dernier adieu à Johnny, les fans du rockeur étaient conviés ce jeudi soir à une veillée de prières à l'église Saint-Roch, la paroisse parisienne des artistes.

Mercredi soir, plusieurs chaînes de télévision avaient bouleversé leur grille pour diffuser des programmes d'hommage à cette icône, profondément liée à l'identité française de ces dernières décennies.

Un des animateurs les plus célèbres de France, Michel Drucker, a craqué à la fin de son émission en direct. "Lui, c'était spécial, tu aurais pu vivre encore un peu Johnny", a-t-il lâché, la voix brisée, en larmes.

4400%

L'écoute et les téléchargements des chansons et albums de Johnny Hallyday se sont envolés sur les plateformes musicales (Deezer, Spotify, iTunes). Deezer a indiqué à l'AFP que les écoutes des titres du chanteur avaient grimpé de 4.400% sur la journée de mercredi.

Sur iTunes, le magasin musical d'Apple, le "Triple best of" de Johnny prenait la tête des albums les plus téléchargés en France ce jeudi.

La dépouille du chanteur a quitté dans la matinée la maison de Marnes-la-Coquette, près de Paris, où il vivait, pour être transférée au funérarium du Mont-Valérien, une autre commune proche de la capitale.

Johnny, c'est la musique de ma jeunesse, les amours de la jeunesse. J'ai les larmes aux yeux rien que d'en parler.Bernard Dort, un fan de Johnny Hallyday

"J'ai entendu dire qu'il était au funérarium alors je suis venu. Avec lui, c'est une partie de ma jeunesse qui s'en va", a expliqué à l'AFP, Bernard Dort, un fan de 72 ans, retraité.

Rabia Alia, 48 ans, a elle pris un bus à Nanterre quand elle a entendu à la radio que Johnny était au funérarium. "J'étais en train de prendre mon café et je suis venue direct. Il n'y en avait pas deux comme lui. Ca m'a fait un frisson quand j'ai su qu'il était mort".

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