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La décision de Trump sur Jérusalem cause une flambée de violence au Moyen-Orient

Le leader du Hamas a affirmé que la décision américaine constituait une agression contre le peuple palestinien,

07/12/2017 05:53 EST | Actualisé 07/12/2017 10:13 EST

La décision du président des États-Unis, Donald Trump, de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël a causé jeudi une flambée de violence à travers le Moyen-Orient.

Des centaines de manifestants palestiniens ont affronté les forces israéliennes en Cisjordanie. Dans la bande de Gaza, des manifestants ont incendié des effigies de M. Trump et du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, ainsi que des drapeaux américains et israéliens.

Le leader du Hamas a lancé un appel au soulèvement armé des Palestiniens contre Israël dès vendredi. Le Hamas contrôle le gouvernement de la bande de Gaza. Les États-Unis et l'Union européenne (UE) considèrent qu'il s'agit d'une organisation terroriste.

En Cisjordanie, des foules en colère ont incendié des pneus et lancé des pierres aux forces antiémeute. Dans la ville biblique de Bethléem, les forces de sécurité ont utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Des pneus ont aussi été incendiés à Ramallah, le siège du gouvernement palestinien.

Mohammed Salem / Reuters

Les Palestiniens ont fermé écoles et commerces jeudi, entamant "trois jours de rage" en réplique à la décision de M. Trump. On ne dispose d'aucun bilan fiable pour le moment.

Des centaines d'islamistes ont manifesté dans les grandes villes du Pakistan. Le groupe djihadiste Al-Shaabbab (qui est affilié au groupe armé État islamique) a demandé aux musulmans de prendre les armes en réponse à M. Trump. Les talibans afghans, l'Arabie saoudite et le gouvernement irakien ont dénoncé la décision de Washington. Le groupe libanais Hezbollah a dit que toute possibilité de négociation est maintenant écartée.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a déclaré que la décision de M. Trump est inquiétante et de replonger la région dans une "période encore plus sombre que celle que nous traversons actuellement". Moscou a également exprimé des préoccupations.

Jérusalem, qui abrite le premier lieu saint du judaïsme, le troisième lieu saint de l'islam ainsi que plusieurs lieux saints chrétiens, est au coeur du conflit israélo-arabe depuis des décennies.

Dans un discours livré jeudi, le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, a affirmé que la décision américaine constituait une agression contre le peuple palestinien et il a appelé ses partisans à être prêts à obéir à tous les ordres qui leur seront donnés.

Ismail Haniyeh a appelé à une intifada durable afin de faire regretter au président Trump sa décision.

Celle-ci avait déjà soulevé, mercredi, de nombreuses réactions négatives dans le monde arabe.

La Jordanie voisine, alliée des États-Unis, a déploré l'annonce en expliquant qu'elle préjuge de l'issue de futures négociations de paix, alimente la colère et attise les sentiments des musulmans et des chrétiens. L'Égypte a ajouté que la décision violait des résolutions internationales sur le statut de la ville.

Les Nations unies ont déploré que des mesures unilatérales mettent en péril les perspectives de paix entre Israéliens et Palestiniens. L'Union européenne a dit avoir de sérieuses préoccupations.