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Vladimir Poutine permettra aux athlètes russes de participer aux Jeux olympiques de Pyeongchang

Par contre, ses sportifs pourraient éventuellement défiler derrière le drapeau russe lors de la cérémonie de clôture, a annoncé le CIO.

06/12/2017 11:50 EST | Actualisé 06/12/2017 11:50 EST

La Russie ne boycottera pas les Jeux olympiques de Pyeongchang, a affirmé le président russe Vladimir Poutine.

Poutine a dit mercredi que son gouvernement permettra aux Russes de participer aux prochains jeux en Corée du Sud à titre d'«athlètes neutres».

Le Comité international olympique (CIO) a suspendu la délégation russe pour avoir enfreint les règlements antidopage lors des Jeux de Sotchi en 2014. Le CIO prévoit cependant inviter les athlètes russes à y participer sous le drapeau olympique.

«Nous ne poserons aucun geste pour les en empêcher, a dit Poutine lors d'un entretien télévisé après avoir lancé sa campagne de réélection présidentielle dans une usine de construction automobile. Nous n'empêcherons pas nos Olympiens d'y participer s'ils souhaitent y prendre part sur une base individuelle.

«Ils se sont préparés pour ces compétitions depuis le début de leur carrière, et c'est très important à leurs yeux.»

Poutine a mentionné que la Russie ne reconnaît toujours pas avoir commandité un programme de dopage généralisé en prévision des Jeux de Sotchi, et a qualifié la décision du CIO de «punition collective» injuste.

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Les athlètes, les entraîneurs et les politiciens russes ont tous condamné la décision du CIO, mais la plupart d'entre eux ont reconnu qu'il était préférable de l'accepter et de laisser les athlètes participer aux jeux.

La membre russe du CIO, Yelena Isinbayeva, une double médaillée d'or olympique au saut à la perche, s'est exprimée contre le boycottage.

«J'aimerais dire aux athlètes russes qui se préparent pour les Jeux olympiques de Pyeongchang de ne pas baisser les bras, et surtout de ne rien faire d'aussi stupide qu'un boycottage, a déclaré Isinbayeva à la télévision d'État. Ça n'en vaut vraiment pas la peine.»

Elle a souligné que la décision du CIO de désigner officiellement les Russes comme étant des «athlètes olympiques de Russie», plutôt que des «athlètes neutres», avait pesé dans la balance.

Certains dirigeants sportifs russes ont été critiqués pour la mollesse avec laquelle ils ont contesté la suspension, tandis que certains politiciens et sportifs de renom demandaient carrément leur congédiement.

Dmitry Peskov, le porte-parole de Poutine, a dit que blâmer les dirigeants n'était pas une priorité et que «protéger les intérêts de nos athlètes» était plus important.

Vitaly Mutko est particulièrement visé. Il était le ministre des Sports pendant les Jeux de Sotchi en 2014, au moment où le CIO a appris que des échantillons urinaires avaient été manipulés dans le cadre d'un vaste programme de dopage. Mutko est maintenant le vice-premier ministre et responsable des préparatifs entourant l'organisation de la Coupe du monde de soccer en Russie en 2018.

Il a été suspendu à vie des Jeux olympiques par le CIO mardi.

«(Mutko) a provoqué ce cauchemar, a déclaré l'entraîneuse de patinage artistique Tatyana Tarasova à l'agence R-Sport, ajoutant qu'il n'en avait pas suffisamment fait pour protéger les athlètes russes des accusations de dopage. Je suis désolée pour ceux qui ont souffert de son incompétence.»

Le Kremlin a toujours nié avoir commandité un programme de dopage généralisé, et la télévision d'État a évoqué la possibilité que la suspension imposée par le CIO fasse partie d'un plan pour déstabiliser la Russie.

Le CIO planche présentement sur un «guide opérationnel» qui servira à encadrer les athlètes russes à Pyeongchang. Parmi les thèmes abordés se trouvent la conception et la réalisation des uniformes de leur délégation, ainsi que les symboles russes, tels que le drapeau russe, qui seront tolérés parmi les spectateurs réunis sur les sites de compétitions.

Les Russes peut-être derrière leur drapeau à la cérémonie de clôture

Si la Russie, suspendue mardi par le CIO pour les prochains JO d'hiver, respecte "toutes les décisions" prises à son encontre, ses sportifs, autorisés à concourir sous drapeau neutre, pourraient éventuellement défiler derrière le drapeau russe lors de la cérémonie de clôture, a confirmé mercredi un porte-parole du CIO.

Le CIO a annoncé mardi que le Comité olympique russe était "suspendu avec effet immédiat" des jeux Olympiques d'hiver 2018 de Pyeonghang, pour dopage institutionnalisé, ouvrant toutefois la porte aux sportifs "propres" qui pourront concourir sous le drapeau olympique. Ils défileront donc lors de la cérémonie d'ouverture (le 9 février, ndlr) derrière ce drapeau dit neutre, orné des cinq anneaux olympiques.

Le CIO se réserve toutefois le droit de lever cette suspension au moment de la cérémonie de clôture des jeux dePyeongchang, le 25 février 2018.

Si les Russes respectent toutes les décisions annoncées hier (mardi), alors il est possible qu'ils puissent retrouver leurs droits.Mark Adams, porte-parole du CIO

Si la suspension du Comité olympique russe est levée, les Russes pourraient alors défiler derrière le drapeau russe et dans leurs uniformes.

Les sportifs russes "propres" seront admis à participer aux JO d'hiver, sous l'appellation d'"athlète olympique deRussie" (OAR), et porteront des uniformes fournis par le Comité d'organisation des JO, a précisé le CIO.

L'Inde, dont le Comité national olympique avait été suspendu avant les JO de Sotchi-2014, avait défilé lors de lacérémonie d'ouverture derrière le drapeau olympique. La délégation indienne avait pu défiler derrière son drapeau lors de la cérémonie de clôture après la levée de la suspension de son Comité national deux jours après le début des Jeux.

Avec l'Agence France-Presse.