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Questions et réponses pour mieux comprendre l'annonce de Trump sur Jérusalem

Le professeur et directeur de l'Observatoire sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM Sami Aoun commente la dernière décision du président américain.

06/12/2017 14:30 EST | Actualisé il y a 7 heures
AP Photo/Sebastian Scheiner

Le président américain Donald Trump a posé un geste symbolique fort, mercredi, en annonçant que les États-Unis déménageront leur ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Cette reconnaissance de facto de Jérusalem à titre de capitale israélienne était une promesse électorale de M. Trump, mais cette décision pourrait bien embraser la région et miner le processus de paix israélo-palestinien.

Sami Aoun, professeur titulaire à l'école de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et directeur de l'Observatoire sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, a accepté de répondre aux questions de La Presse canadienne.

Q: Quelle est la charge symbolique qui sous-tend cette décision de Donald Trump?

R: Jérusalem est l'épicentre des relations interculturelles et interreligieuses pour les trois religions monothéistes. Jérusalem est une ville hautement vénérée. Pour les juifs, elle reste le centre de la révélation biblique. Pour les chrétiens, c'est la terre sainte qui a été témoin de la vie de Jésus. Pour l'islam, c'était à l'origine la ville en direction de laquelle la prière était faite et c'est là où le prophète a fait un pèlerinage.

Jérusalem est l'épicentre des relations interculturelles et interreligieuses pour les trois religions monothéistes.Sami Aoun

Q: La ville de Jérusalem est donc au coeur du conflit entre Israéliens et Palestiniens?

R: Au sens symbolique, oui. Ça pourrait être un point de rupture dans le dialogue interreligieux entre ces trois monothéismes, un point de choc, de confrontation et d'affrontements. Mais Jérusalem pourrait aussi être la ville sacrée ou la ville de la paix en étant un lieu de rencontre et de dialogue interreligieux.

Q: La décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël pourrait-elle embraser la région?

R: Cette décision a un potentiel explosif très élevé. Mais la région elle-même est volcanique et a subi beaucoup de secousses tectoniques. Au lendemain du printemps arabe, des guerres intestines entre sunnites et chiites ont éclaté, des guerres tribales ont lieu au Yémen par exemple, des guerres communautaires secouent la Syrie et l'Irak et il y a des pays fragiles qui peuvent s'effondrer.

Q: Le déménagement de l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem est-il imminent?

R: Le transfert de l'ambassade américaine, c'est une question logistique assez compliquée, qui pourrait prendre au moins deux ans.

Q: Pourquoi Donald Trump prend-il cette décision pour le moins controversée?

R: Il s'agit d'une promesse électorale et il y a beaucoup d'autres candidats et présidents qui ont fait la même promesse dans le passé. Mais M. Trump cherche à entrer dans l'Histoire... même si on ne sait pas si c'est par la bonne porte.

M. Trump cherche à entrer dans l'Histoire... même si on ne sait pas si c'est par la bonne porte.Sami Aoun

Il prétend avoir préparé le terrain avec quelques pays arabes influents comme l'Arabie saoudite. En ce sens, il veut se démarquer des autres et chercher des gains à un moment où beaucoup de ses politiques ne volent pas très haut à Washington.

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