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Les doutes grandissent face à la préparation du Royaume-Uni au «Brexit»

Responsable de veiller au processus du «Brexit», le secrétaire d'État David Davis a déclaré que le pays devait se préparer à une profonde transformation de son économie, à un niveau semblable à la crise financière vécue en 2008.

06/12/2017 18:03 EST | Actualisé 06/12/2017 18:03 EST
AP Photo/Matt Dunham

Le gouvernement britannique a reconnu mercredi qu'il n'avait pas réalisé d'évaluation détaillée des impacts économiques engendrés par sa sortie de l'Union européenne, alors que son manque de préparation face à cet événement majeur devient évident.

Responsable de veiller au processus du «Brexit», le secrétaire d'État David Davis a déclaré que le pays devait se préparer à une profonde transformation de son économie, à un niveau semblable à la crise financière vécue en 2008.

Devant un comité parlementaire, M. Davis a soutenu que comme les Britanniques devaient se préparer à un «changement de paradigme» dans leur économie, toute estimation d'impacts sur les industries automobile, aérospatiale, des services financiers ou d'autres secteurs ne serait pas réellement «informative».

La présidente du comité du «Brexit» à la Chambre des communes, Hilary Benn, a qualifié cette déclaration d'«assez étrange» étant donné les décisions historiques qui attendent le gouvernement et considérant la volonté des autorités britanniques d'entreprendre la renégociation du cadre des échanges commerciaux avec l'Europe dans les prochaines semaines.

Hilary Benn a demandé à David Davis s'il était réellement en train d'annoncer aux parlementaires qu'aucune étude d'impact économique n'avait été entreprise.

M. Davis a répondu au comité qu'il n'avait pas besoin d'une étude d'impact formelle.

«Je ne suis pas un amateur des modèles économiques parce qu'ils ont tous été contredits. Lorsque l'on vit un changement de paradigme — comme c'est arrivé lors de la crise financière de 2008 —, tous les modèles sont erronés», a soutenu M. Davis.

Pas encore de discussion sur la «position finale»

Au fil de la journée, l'organisation de dernière minute du gouvernement britannique est devenue de plus en plus évidente.

Le responsable du Trésor, Philip Hammond, a révélé que les plus proches conseillers de la première ministre Theresa May n'avaient toujours pas eu de discussion sérieuse sur la «position finale», soit le statut que le Royaume-Uni entend revendiquer une fois qu'il aura quitté l'Union européenne. Devant le comité du Trésor à la Chambre des communes, M. Hammond a déclaré qu'il était encore trop tôt pour tenir ce genre de discussion.

Il a ajouté que ces discussions auraient lieu lorsque l'Union européenne serait prête à discuter des relations futures, comme les échanges commerciaux, plutôt que des conditions du divorce.

Les Britanniques et l'Union européenne sont venus bien près d'une entente, lundi, sur les termes de leur séparation, incluant sur la manière de conserver une frontière ouverte avec l'Irlande après le départ du Royaume-Uni, et donc de l'Irlande du Nord.

L'entente a échoué à la dernière minute lorsque le Parti unioniste démocrate, qui soutient le gouvernement minoritaire de Theresa May, a fait savoir qu'il n'appuierait pas un accord qui affaiblirait le statut de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni.

L'absence de progrès dans le dossier soulève l'inquiétude que les Britanniques se retrouvent sans entente avec l'Europe avant le «Brexit» prévu pour le 29 mars 2019, en plus d'alimenter les craintes que le gouvernement de Theresa May ne s'effondre.

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