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Le sénateur Al Franken appelé à démissionner par de nombreux collègues

Sept femmes ont accusé le sénateur démocrate d'inconduites sexuelles.

06/12/2017 16:42 EST | Actualisé il y a 5 heures
Yuri Gripas / Reuters

Les appuis au sénateur américain Al Franken semblent s'être effondrés parmi ses collègues démocrates, mercredi, alors qu'un groupe de sénatrices a réclamé sa démission après les allégations d'inconduite sexuelle dont il fait l'objet. Son cabinet a indiqué que le sénateur ferait une annonce jeudi, sans préciser la nature de la déclaration.

Les sénatrices démocrates Kirsten Gillibrand, Patty Murray et Claire McCaskill font partie du groupe de femmes réclamant le départ d'Al Franken du Sénat américain. Plusieurs hommes au sein du Parti démocrate ont joint leur voix à celle de leurs collègues, mais le leader de la minorité au Sénat, le démocrate Chuck Schumer, n'a pas fait de commentaire.

La sénatrice Patty Murray s'est dite choquée et horrifiée par le comportement du sénateur Al Franken. Elle a qualifié ses gestes de «problème destructeur persistant» et de «mode de comportement reproduit sur une longue période de temps», ajoutant qu'il était maintenant temps qu'il se retire.

De son côté, la sénatrice Kirsten Gillibrand a déclaré que la meilleure chose à faire pour son pays serait qu'Al Franken envoie le message clair que tout mauvais traitement envers les femmes est inacceptable en laissant sa place à quelqu'un d'autre.

Sur son fil Twitter, un influent sénateur démocrate, Ron Wyden, a déclaré qu'il s'attendait à l'annonce de la démission d'Al Franken jeudi. Selon lui, il s'agit de la bonne façon de procéder en raison des allégations sérieuses qui le concernent.

Ces nouveaux appels à la démission surviennent après qu'une autre victime, la septième en liste, s'est confiée au média d'information Politico pour accuser Al Franken d'avoir tenté de l'embrasser de force en 2006.

Les déclarations se sont succédé lorsque le sénateur Al Franken a nié avec véhémence, mercredi, les nouvelles allégations formulées par une ex-assistante démocrate au Congrès. Elle a déclaré que le sénateur avait tenté de l'embrasser de force après l'enregistrement de son émission de radio en 2006.

Le sénateur démocrate du Minnesota a nié ces allégations, les qualifiant de «catégoriquement fausses».

Selon la version de la victime, Al Franken se serait approché d'elle alors que son patron avait quitté les lieux et qu'elle rassemblait ses effets personnels. Elle dit avoir réussi dans un premier temps à éviter ses lèvres et Al Franken lui aurait alors lancé: «C'est mon droit à titre d'animateur.»

Dans un communiqué, Al Franken a qualifié de «ridicule» l'idée qu'il ait pu formuler une telle phrase associant ce genre de comportement à un «droit d'animateur».

Le vent s'est toutefois rapidement retourné contre le sénateur Franken, mercredi matin. Ses collègues démocrates qui étaient demeurés discrets jusqu'ici en ont eu assez.

Les autres femmes du Parti démocrate ayant réclamé le départ du sénateur Franken sont Mazie Hirono, Kamala Harris, Tammy Baldwin, Debbie Stabenow, Maria Cantwell et Maggie Hassan. Du côté des hommes, on compte Dick Durbin, Patrick Leahy, Bob Casey, Ed Markey, Joe Donnelly et Sherrod Brown.

Rappelons que le sénateur Al Franken a présenté ses excuses pour son comportement, mais qu'il continue de nier certaines allégations.

The Associated Press