POLITIQUE

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, déjà appelé à clarifier sa position

Le commissaire choisi par Justin Trudeau en a surpris plus d'un en suggérant mardi devant un comité parlementaire qu'il n'était pas convaincu que les magistrats de la Cour suprême doivent être bilingues.

06/12/2017 16:32 EST | Actualisé 06/12/2017 16:32 EST
EZRA ACAYAN via Getty Images
Justin Trudeau a nommé Raymond Théberge au poste de commissaire aux langues officielles le 23 novembre dernier.

Tandis que certains députés libéraux se disent tout à fait à l'aise avec les propos du commissaire désigné aux langues officielles sur le bilinguisme des juges de la Cour suprême du Canada (CSC), le ministre Jean-Yves Duclos estime que Raymond Théberge devra clarifier sa pensée.

Le commissaire choisi par Justin Trudeau pour agir comme chien de garde des deux langues officielles du Canada en a surpris plus d'un en suggérant mardi devant un comité parlementaire qu'il n'était pas convaincu que ces magistrats doivent être bilingues.

Dans les couloirs du parlement, mercredi, quelques élus libéraux ont plaidé que les propos n'étaient pas de nature à les inquiéter. Le député Randy Boissonnault a assuré que cela ne l'avait pas mis «mal à l'aise» et s'est dit convaincu que Raymond Théberge ferait «un très bon commissaire».

Le ministre Jean-Yves Duclos, pour sa part, a offert un son de cloche différent, affirmant en mêlée de presse qu'il fallait «donner la chance au candidat de s'exprimer davantage» et de «se faire valoir» puisqu'il «n'a pas eu l'occasion de le faire de manière complète jusqu'à maintenant».

C'est aussi ce que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) réclame. Dans un communiqué transmis mercredi, le président Jean Johnson a plaidé que les communautés linguistiques minoritaires attendent du commissaire «une position claire, ferme et sans ambiguïté».

La comparution de Raymond Théberge devant le comité permanent des langues officielles a été interrompue en raison d'un problème technique. À son départ, il a refusé de répondre aux questions des journalistes, même si ceux-ci lui ont signalé que sa déclaration semait la confusion.

La suite de son témoignage aura lieu jeudi après-midi. Avant lui, ce sera Mélanie Joly qui répondra aux questions des députés du comité. En mêlée de presse, mercredi, la ministre du Patrimoine canadien n'a pas voulu commenter directement les propos du commissaire désigné.

Elle a insisté à plusieurs reprises sur le fait que Raymond Théberge était «indépendant» et que ce serait donc «à lui à répondre aux questions des parlementaires» du comité lorsque ceux-ci reprendront l'interrogatoire qui a été interrompu mardi.

Lorsqu'on lui a signalé que c'était son gouvernement qui avait nommé le commissaire et qu'on lui a demandé s'il elle jugerait normal qu'il n'appuie pas le bilinguisme à la CSC, elle a finalement dit qu'«on s'attend à ce que le commissaire aux langues officielles soit un chien de garde pour les langues officielles».