POLITIQUE

Le Canada et les États-Unis ne se mettent pas d'accord au sujet de Jérusalem

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi considérer la ville comme étant la capitale d'Israël.

06/12/2017 10:58 EST | Actualisé il y a 3 heures
Ammar Awad / Reuters

Le gouvernement Trudeau signale, bien que timidement, sa désapprobation face à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y déménager éventuellement l'ambassade des États-Unis.

"Notre position de longue date est que la question du statut de Jérusalem ne peut être résolue que dans le cadre d'un règlement général du conflit israélo-palestinien", a déclaré par voie de communiqué la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

"Nous lançons un appel au calme et continuons à soutenir la création de conditions nécessaires pour que les parties puissent trouver une solution", a ajouté la diplomate en chef du Canada, qui se trouve actuellement en Belgique.

Au parlement, sa collègue au Développement international, Marie-Claude Bibeau, a signalé qu'Ottawa n'avait aucunement l'intention d'emboîter le pas à Washington. "Notre position à nous est claire, c'est qu'on n'a aucune intention de déménager la nôtre", a-t-elle tranché.

Le secrétaire parlementaire responsable du dossier des relations canado-américaines, Andrew Leslie, a abondé dans le même sens face à cette "décision unilatérale du président des États-Unis", mercredi matin.

"Nous concentrons nos efforts à établir des conditions équitables pour que les deux pays puissent exister ensemble", a-t-il affirmé à son arrivée à la rencontre hebdomadaire du caucus de son parti.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a sévèrement critiqué la décision de l'administration Trump. "Ça sème la division. C'est contre-productif", a-t-il tranché en point de presse dans le foyer de la Chambre.

Il n'est pas allé jusqu'à exhorter le premier ministre Trudeau à prendre le téléphone pour dire toute sa désapprobation à Donald Trump, se contentant d'offrir que "comme pays, c'est notre responsabilité dans un contexte international de montrer du leadership".

Pendant ce temps, l'organisation B'nai Brith Canada appelle le gouvernement Trudeau à imiter l'administration Trump, plaidant dans un communiqué qu'Ottawa doit "reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne et faire des plans pour relocaliser son ambassade de Tel-Aviv".

"Reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël fera avancer, le processus de paix (...). La vraie paix est seulement possible quand tous les côtés reconnaissent le lien indélébile entre le peuple juif et leur ville la plus sainte", a soutenu Michael Mostyn, de B'nai Brith Canada.

L'annonce du locataire de la Maison-Blanche, qui a plaidé qu'une "nouvelle approche" s'imposait, marque une rupture par rapport à la position en vigueur depuis des décennies aux États-Unis. Mais surtout, elle risque de provoquer de violentes manifestations.

Les États-Unis n'avaient jamais reconnu la souveraineté d'Israël sur une portion ou sur la totalité de Jérusalem, et avaient toujours dit que le sort de la ville devrait être réglé dans le cadre de négociations entre Israéliens et Palestiniens.

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