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Le français de plus en plus important pour les juristes de l'Ouest

De plus en plus de juristes de l'Ouest et du Nord du pays maîtrisent le français.

04/12/2017 17:29 EST | Actualisé 04/12/2017 17:30 EST
THE CANADIAN PRESS

L'ancienne première ministre Kim Campbell a été agréablement surprise de constater que de plus en plus de juristes de l'Ouest et du Nord du pays maîtrisent le français.

C'est ce qu'elle a observé au fil du processus ayant mené à la sélection, par le premier ministre Justin Trudeau, de la magistrate Sheilah Martin à un poste de juge à la Cour suprême du Canada (CSC).

L'ancienne politicienne, qui comparaissait lundi devant le comité permanent de la justice et des droits de la personne, a affirmé que les membres du comité consultatif qu'elle préside avaient été «très, très surpris» de la «qualité du français» des candidats.

Des 14 personnes qui ont postulé, la majorité satisfaisait au critère de bilinguisme, a indiqué Mme Campbell en réponse à une question du député conservateur Michael Cooper. Seuls les huit candidats qui ont décroché une entrevue ont passé un test linguistique, a-t-elle spécifié.

L'ex-première ministre a par ailleurs précisé que six de ces 14 aspirants au siège que laissera vacant la juge Beverley MacLachlin, qui partira à la retraite le 15 décembre prochain, étaient des femmes.

Lorsque le député néo-démocrate Alistair MacGregor a exprimé le regret qu'un Autochtone n'ait pas, cette fois encore, réussi à se frayer un chemin jusqu'au plus haut tribunal au pays, elle s'est dite convaincue que ce jour viendrait plus tôt que tard.

La juge qui a été retenue par le premier ministre à partir de la courte liste dressée par le comité dirigé par Kim Campbell est bilingue. Native de Montréal, elle est formée tant en droit civil qu'en common law.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, qui témoignait aussi en comité, n'a pas tari d'éloges au sujet de la magistrate, qui a «vraiment tout fait» au cours de sa carrière, a-t-elle soutenu.

La juge Martin sera en mesure de plaider elle-même sa cause mardi, alors qu'elle participera à une séance de questions et réponses — une nouvelle pratique instaurée sous les libéraux.

Elle sera interrogée par des membres du comité permanent de la justice et des droits de la personne, du comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles ainsi que des représentants du Bloc québécois et du Parti vert.

En annonçant son choix, mercredi dernier, le premier ministre Trudeau a parlé d'une «personne avec énormément d'expérience à travers le pays, y compris dans le Nord», qui sera «excellente à la Cour suprême».

La nomination de la juriste a été accueillie favorablement par l'opposition à Ottawa.

Mais le lieutenant politique des conservateurs au Québec, Alain Rayes, a affirmé que sa formation avait surtout les yeux tournés vers la prochaine étape à la Cour suprême du Canada.

«Notre préoccupation est bien plus par rapport au futur juge en chef qui va être nommé», a-t-il soutenu mercredi passé.

La juge Martin a servi à la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta jusqu'en juin 2016. Elle a alors été nommée juge à la Cour d'appel de l'Alberta, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.

Avec cette nomination, le banc de neuf membres demeurera complet après la retraite de la juge en chef Beverley McLachlin, le 15 décembre.

Elle accrochera sa toge après 28 années à la CSC, dont près de 18 ans dans la chaise de juge en chef.