POLITIQUE

Des pouvoirs du Commissaire à la santé donnés au ministre, déplorent des groupes

Le ministre Gaétan Barrette se soustrait ainsi à toute évaluation critique et indépendante de ses agissements, ont dénoncé plusieurs groupes.

04/12/2017 15:24 EST | Actualisé 04/12/2017 15:24 EST
La Presse canadienne/Mario Beauregard

Déjà outrés de l'annonce l'an dernier de l'abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être, des groupes du milieu de la santé n'en reviennent pas de voir que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est octroyé l'un de ses pouvoirs — celui de se conseiller et d'évaluer ses propres réformes.

Le poste du Commissaire — qui a pour mission d'apporter un éclairage pertinent au débat public et à la prise de décision gouvernementale — avait été aboli dans le budget de mars 2016.

Plus récemment, à la fin octobre, le gouvernement du Québec a déposé le projet de loi 150, qui met en oeuvre différentes mesures des budgets 2016 et 2017. L'un de ses articles prévoit que tous les droits et obligations du Commissaire seront transférés à l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESS), sauf un: celui de donner des avis au ministre, notamment par l'analyse rétrospective des impacts des politiques gouvernementales.

Le ministre Barrette se soustrait ainsi à toute évaluation critique et indépendante de ses agissements, ont dénoncé en point de presse, lundi à Montréal, le Conseil pour la protection des malades, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, le regroupement Médecins québécois pour le régime public, le Réseau FADOQ et Me Jean-Pierre Ménard, un avocat spécialisé en droit de la santé.

Ils ont de plus dénoncé ce qu'ils estiment être un manque de transparence du gouvernement, qui a inséré ces changements dans un volumineux projet de loi de mise en oeuvre budgétaire.

Le Commissaire avait d'importantes fonctions qui bénéficiaient aux citoyens, soutiennent-ils: il offrait une évaluation indépendante de la performance du système de santé, notamment sur les délais d'attente aux urgences des hôpitaux québécois.

Il s'agit d'un recul démocratique majeur, déplorent-ils.

En 2016, le gouvernement avait évoqué des raisons budgétaires pour mettre de côté le Commissaire. Il voulait épargner les 2,5 millions $ que le bureau coûte chaque année.

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