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Tous ne se sauvent pas du volcan Agung

Certains restent pour le spectacle!

03/12/2017 13:32 EST | Actualisé 03/12/2017 13:32 EST

Quand un gigantesque volcan se met à cracher des cendres et que les gens qui habitent autour se sauvent en courant, on devrait faire la même chose, pas vrai? Probablement. Mais apparemment pas toujours.

L'attrait d'un des spectacles les plus impressionnants et les plus terrifiants de la nature, et la chance d'enregistrer sa puissance destructrice, incite certains visiteurs de l'île indonésienne de Bali à allonger quelque peu leur séjour au lieu de se ruer vers l'aéroport le plus près.

Comme Mark Levitin, qui reste bien en place. L'activité du mont Agung est la 12e éruption volcanique dont il est témoin aux premières loges.

«C'est magnifique. J'adore leur puissance, dit l'homme de 39 ans qui a grandi en Russie et en Israël. Nous vivons essentiellement sur une gigantesque boule de magma recouverte d'une couche très mince. Même l'endroit où nous habitons est assez chaud pour nous vaporiser en une seconde.»

Plusieurs étrangers s'empressent de fuir cette île paradisiaque maintenant que son aéroport a rouvert ses portes mercredi, après avoir été fermé pendant deux jours et demi en raison des cendres qui avaient envahi son espace aérien. Des dizaines de milliers de personnes qui attendaient de pouvoir partir saisissent la chance qu'ils ont de le faire, en sachant que la fenêtre peut se refermer à tout moment.

Certains transporteurs aériens ont informé les voyageurs qui devaient se rendre à Bali qu'ils peuvent annuler ou modifier leur voyage, ou encore changer de destination, puisqu'une nouvelle éruption ou un changement de direction de la colonne de cendres pourraient tout chambouler. La dernière éruption du mont Agung a fait 1000 morts en 1963 et la montagne a tremblé pendant un an.

Mais Mariano Gonzales, un guide touristique originaire des îles Canaries, ne veut pas s'en aller. Il a été surpris quand l'hôtel où il s'est présenté, trois jours après être arrivé à Bali, a refusé de lui donner une chambre.

«J'ai été un peu estomaqué parce que tout le monde semblait un peu stressé de me voir arriver avec mes valises et je ne savais rien du volcan», a-t-il expliqué.

M. Gonzalez réside maintenant à Amed, un splendide village de pêcheurs qui offre une vue imprenable du volcan à environ 15 kilomètres de là. Il a dit avoir voulu s'approcher encore plus de la montagne, mais qu'il a été refoulé à un poste de contrôle.

«Nous sommes confortables. Nous prenons une bière et nous avons cette vue exceptionnelle, a dit M. Gonzalez. Nous n'avons pas peur. C'est un événement naturel. Si ça doit se produire, ça va se produire, et personne n'y peut rien.»

Les responsables indonésiens ont ordonné l'évacuation de quelque 100 000 personnes dans un rayon de dix kilomètres autour du cratère depuis le début de l'éruption, samedi. Le volcan projette maintenant des cendres, de la fumée et de la vapeur à une altitude de 4000 mètres, pendant que le niveau de la lave augmente sans cesse. Des coulées de boue volcanique glissent le long de ses flancs.

Certains habitants ont refusé de s'en aller, incapables de se résigner à laisser derrière eux les terres ou le bétail dont ils dépendent pour survivre.

M. Levitin, un photographe qui s'intéresse principalement aux rituels chamaniques, croit que la région d'Amed, même si elle est à proximité du volcan, est protégée par ses caractéristiques géographiques.

«J'ai vu mon premier volcan il y a près de 20 ans au Costa Rica, a-t-il dit. Ça m'a presque tué. Je n'avais pas d'expérience et je ne savais pas quoi faire et que je me suis presque retrouvé dans un bombardement de pierres volcaniques.»

Il sait toutefois qu'il ne sera nulle part en sécurité à Bali, si jamais l'éruption dépasse toutes les prédictions.

«Si vous voyez un nuage brûlant venir vers vous la meilleure chose à faire est de commencer à prier parce que, essentiellement, c'est trop tard», prévient-il.