POLITIQUE

Le premier ministre Couillard ouvre une marche de soutien aux employés de Davie

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a elle aussi participé à cette marche de solidarité.

03/12/2017 16:15 EST | Actualisé 03/12/2017 16:51 EST
Stephane Mahe / Reuters

Dans un rare geste d'unité politique, le premier ministre Philippe Couillard et des députés de l'opposition, employés et patrons, ainsi que plusieurs centaines de citoyens, ont tenu dimanche à manifester leur soutien aux travailleuses et travailleurs de Chantier Davie.

M. Couillard avait pu auparavant visiter le navire Astérix, un ancien porte-conteneurs transformé en navire de ravitaillement sur le chantier de la Davie, à Lévis, qui a été livré à la Marine canadienne dans les coûts et dans les délais convenus.

Dans son allocution, le premier ministre a félicité les travailleurs d'avoir livré cette "merveille". Selon lui, il y a lieu de remettre en cause les motifs évoqués par Ottawa pour expliquer que le carnet de commandes du chantier québécois soit aussi mince.

Il est plutôt inusité de voir un premier ministre québécois descendre dans la rue pour participer à une manifestation.

Des politiciens fédéraux, comme la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, et le député conservateur Steven Blaney, se sont aussi déplacés pour participer à cette marche de solidarité.

En point de presse, à Montréal, en marge d'une rencontre conjointe du caucus et de l'exécutif national du Parti québécois, le chef Jean-François Lisée a déploré que "800 personnes perdront leur emploi d'ici Noël parce que le gouvernement canadien a décidé de distribuer ailleurs au Canada les 100 milliards $ de contrats pour la stratégie maritime".

"C'est quand même extraordinaire, ce n'est pas parce qu'il manque de contrats. Et à Lévis, le gouvernement canadien va laisser mourir le chantier naval", a déclaré M. Lisée.

Selon un communiqué de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le rassemblement de dimanche, qui a été organisé conjointement par le syndicat et l'employeur, vise à demander au gouvernement fédéral d'octroyer au chantier naval de Lévis "sa juste part des contrats".

Les inquiétudes entourant l'avenir de quelque 800 emplois au Chantier Davie découlent de la récente livraison du navire de ravitaillement "Astérix" et de l'absence d'autre commande importante de la part d'Ottawa, une situation qui a déjà entraîné la mise à pied de 113 personnes.

Le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, soutient que le gouvernement fédéral est "en train d'analyser la situation".

"On ne peut pas créer artificiellement un besoin qui n'existe pas", a-t-il déclaré dimanche, en référence au deuxième ravitailleur "Obélix", dont la Marine ne veut plus.

"Par contre, le fédéral a des besoins vis-à-vis la Marine canadienne, la Garde côtière, les traversiers fédéraux", a-t-il soulevé.

En novembre, la CSN et l'Assemblée nationale avaient exhorté le gouvernement fédéral à renverser la vapeur. Le syndicat avait profité de l'occasion pour rappeler qu'il y a quelques années, Chantier Davie avait été écarté par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui avait préféré accorder la majeure partie des contrats d'une valeur de 33 milliards $ à des chantiers de la Nouvelle-Écosse et de Vancouver.

Devant le tollé, l'attachée de presse de Carla Qualtrough, la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, avait fait savoir que le fédéral ne comptait pas commander un nouveau navire de ravitaillement, mais que Chantier Davie était admissible à des contrats pour la construction de petits navires de moins de 1000 tonnes ainsi qu'à des travaux de réparation, de radoub et d'entretien.

"On demande l'équité. On demande la justice. On ne demande pas la charité. On demande notre juste part", a martelé Philippe Couillard.

Il a invité tous les Québécois à joindre leur voix à cette cause et à interpeller le premier ministre canadien pour qu'il "demande des précisions" quant au sort des travailleurs.

"Il n'y a pas juste deux chantiers au Canada qui font des grands bateaux, a-t-il lancé. Il y en a trois et le meilleur, c'est ici qu'il est!"

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