POLITIQUE

Libre-échange avec la Chine: Ottawa continue de peser le pour et le contre

Justin Trudeau poursuit sa réflexion concernant les défis que représenterait la négociation d'un accord de libre-échange entre le Canada et le géant asiatique.

01/12/2017 18:54 EST | Actualisé 01/12/2017 18:56 EST
THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

À la veille de son départ pour la Chine, le premier ministre Justin Trudeau poursuit sa réflexion concernant les défis que représenterait la négociation d'un accord de libre-échange entre le Canada et le géant asiatique, ont révélé des représentants du gouvernement fédéral, vendredi.

M. Trudeau partira samedi pour un périple de quatre jours en sol chinois.

Questionné sur la possibilité de voir le premier ministre déclencher des pourparlers sur un accord de libre-échange durant son séjour à Pékin, un représentant du gouvernement a répondu qu'Ottawa devait encore considérer plusieurs points et continuait de peser le pour et le contre.

Le représentant a fourni cette réponse sous le couvert de l'anonymat lors d'une séance d'information à l'intention des journalistes.

Il a précisé que l'objectif du voyage de Justin Trudeau était d'approfondir les liens économiques entre les deux pays et attirer davantage d'investisseurs chinois en sol canadien.

Lundi, M. Trudeau rencontrera le président Xi Jinping ainsi que des gestionnaires canadiens et chinois.

Le représentant a ajouté qu'après une série de discussions exploratoires, la Chine était impatiente de lancer des négociations officielles pour un accord de libre-échange, mais que le Canada évaluait toujours quelle position adopter.

Le gouvernement fédéral a récemment publié les résultats de consultations menées auprès de 600 entreprises, établissements d'éducation et organisations de la société civile.

Certains des répondants ont affirmé qu'un accord de libre-échange avec la Chine pourrait nuire au marché de l'emploi canadien, notamment dans le secteur manufacturier, et réduire la capacité des compagnies canadiennes à concurrencer les normes du travail plus laxistes, les exigences environnementales moins strictes et les subventions versées par l'État qui prévalent en sol chinois.

«Ce voyage doit être vu comme un voyage ordinaire se déroulant à une époque extraordinaire», a commenté Paul Evans de l'institut de recherches asiatiques de l'Université de la Colombie-Britannique.

Selon M. Evans, le Canada attend sans doute le bon moment pour entamer des pourparlers avec la Chine tandis que la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui est dans l'impasse depuis que les États-Unis ont présenté une série de propositions jugées inacceptables par Ottawa et Mexico, est en cours.

L'expert a indiqué que le Canada allait tâter le terrain pendant encore quelque temps et que la Chine serait probablement de plus en plus frustrée par rapport à cette hésitation.

En annonçant le voyage plus tôt cette semaine, le bureau de Justin Trudeau n'avait fait aucune mention de l'accord de libre-échange et les représentants du gouvernement avaient assuré qu'aucune décision n'avait été prise concernant la possibilité d'entamer des pourparlers à ce sujet.

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