POLITIQUE

Le Canada ne participera pas au bouclier antimissile américain

Les interrogations à ce sujet se multiplient, surtout dans la foulée du lancement d'un nouveau missile nord-coréen plus tôt cette semaine.

01/12/2017 08:27 EST | Actualisé 01/12/2017 08:27 EST
La Presse canadienne/Justin Tang
Jonathan Vance, le chef de l'état-major des forces armées canadiennes.

Si l'armée canadienne s'apprête à collaborer avec les États-Unis pour améliorer le système de défense vieillissant de l'Amérique du Nord, le plus haut militaire canadien affirme qu'aucune discussion n'a eu lieu concernant une participation du Canada au bouclier antimissile américain.

Le chef d'état-major Jonathan Vance a fait ces commentaires au moment où se multiplient les interrogations concernant une éventuelle participation du Canada à la défense antimissile, surtout dans la foulée du lancement d'un nouveau missile nord-coréen plus tôt cette semaine.

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan avait semblé ouvrir la porte à une possible participation canadienne au projet controversé en octobre, mais le gouvernement se fait autrement discret quand la question est soulevée.

L'opposition, quant à elle, demeure profondément divisée. Les Conservateurs sont d'avis que le Canada devrait s'impliquer dès maintenant dans le programme américain, tandis que le NPD s'oppose farouchement à toute participation canadienne.

Le général Vance a dit à La Presse canadienne que des responsables militaires canadiens se préparent à des discussions approfondies avec les États-Unis concernant une mise à jour du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad).

Ces discussions devraient porter sur les nouvelles menaces auxquelles est confronté le système canado-américain, qui est actuellement utilisé pour détecter les avions, missiles et navires ennemis.

«Je suis heureux de constater que nous adoptons une approche globale de la défense militaire pour les 20 ou 50 prochaines années, a dit le général Vance lors d'une entrevue, jeudi. Qu'est-ce qui se passe qui pourrait représenter une menace militaire pour les Canadiens, et dans le contexte de Norad, les Américains?»

La menace des missiles balistiques sera étudiée, a-t-il reconnu, mais on s'intéressera aussi à des problèmes comme les cyberattaques.

«La défense continentale n'est pas un simple système binaire 'oui' ou 'non' en ce qui concerne les missiles balistiques, et ce ne serait pas correct de la réduire à ce seul aspect, a dit le militaire. La défense continentale a plusieurs facettes.»

Le général Vance n'a pas été en mesure de dire à quel moment les discussions débuteront.

Mais quand on lui demande spécifiquement si le Canada et les États-Unis ont discuté d'une éventuelle participation canadienne au bouclier américain, il est catégorique.

«Aucunement. Absolument pas, a-t-il assuré, avant de rappeler que le gouvernement libéral a récemment indiqué que le Canada ne participerait pas au projet. Il serait donc très inapproprié en ce moment de discuter du bouclier antimissile balistique.»

Plusieurs Canadiens ont été estomaqués, en septembre, quand le commandant adjoint de Norad, le lieutenant-général Pierre Saint-Amand, a révélé que la politique américaine est de ne pas intervenir en cas d'attaque au missile balistique contre le Canada.

Les États-Unis ont invité le Canada à participer à leur projet de bouclier il y a plus de dix ans, ce que l'ancien premier ministre Paul Martin a refusé de faire en 2005.

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