POLITIQUE

L'opposition propose une «charte des chantiers» pour Montréal

La charte indiquerait entre autres les obligations de la Ville en ce qui concerne les échéanciers.

30/11/2017 12:15 EST | Actualisé 30/11/2017 13:20 EST
lawcain via Getty Images

Le chef de l'opposition officielle de Montréal, Lionel Perez, souhaite créer une «charte des chantiers» pour mieux délimiter les droits des citoyens et des commerçants ainsi que les obligations de la Ville lors de travaux sur les infrastructures municipales.

M. Perez estime que cette charte permettrait de mieux énoncer et harmoniser les mesures de mitigation qui devront être mises en place par la Ville. Il déposera une motion en ce sens le 11 décembre, lors de la prochaine réunion du conseil municipal.

«Cette charte exigera davantage d'imputabilité de la part de l'administration municipale et favorisera l'acceptabilité sociale chez la population», ajoute sa collègue Patricia Lattanzio, conseillère de ville dans Saint-Léonard et porte-parole de l'opposition en matière d'infrastructures de voirie et d'eau.

La charte indiquerait les droits et les obligations en ce qui concerne les échéanciers, la sécurité des piétons et des cyclistes, l'accessibilité universelle, les communications liées aux chantiers, les nuisances, l'impact sur l'économie locale ainsi que l'environnement.

Dans les cartons sous Coderre

M. Perez, qui était responsable des infrastructures jusqu'à tout récemment sous l'administration Coderre, affirme qu'il travaille sur le projet de charte depuis plus d'un an. Questionné à savoir pourquoi celle-ci ne s'est pas trouvée dans le programme électoral d'Équipe Denis Coderre, il a simplement répondu que des choix avaient été faits.

Selon M. Perez, l'essentiel du travail serait déjà fait si la nouvelle administration décide de faire sienne cette idée de charte.

Le parti de la nouvelle mairesse, Valérie Plante, a fait plusieurs promesses électorales en ce qui concerne la gestion et la sécurisation des chantiers. Projet Montréal souhaite créer une «brigade d'inspection» chargée de mener des inspections impromptues pour s'assurer de la conformité des travaux aux plans et devis. La mairesse veut également une «escouade mobilité» qui sévirait, entre autres, contre les chantiers qui bloquent inutilement la circulation des automobiles, des piétons ou des vélos.

Un porte-parole du comité exécutif a indiqué que l'administration Plante ne commentera pas la motion de l'opposition.

Poursuivre la Ville pour nuisances?

Selon M. Perez, les citoyens qui estiment que la charte n'a pas été respectée sur un chantier donné pourront se plaindre à l'ombudsman. Il ne s'est toutefois pas avancé sur les possibilités de poursuites que pourrait engendrer cette mesure.

La Ville multiplie les chantiers depuis quelques années. Il y en a eu plus de 700 en 2017, malgré une trêve de travaux au centre-ville pour permettre les festivités du 375e anniversaire de Montréal. Cette trêve prendra fin dès le mois de janvier, lors de la réfection de la rue Sainte-Catherine.

Condamner l'esclavage en Libye

L'opposition déposera une seconde motion le 11 décembre, cette fois sur les cas d'esclavage rapportés en Libye. La motion, déposée par le conseiller porte-parole en matière de démocratie Frantz Benjamin, réclamera que la Ville condamne cette pratique et enjoigne le gouvernement fédéral à exercer des pressions sur le pays d'Afrique du Nord.

La Libye accueille de nombreux réfugiés et migrants d'Afrique subsaharienne qui tentent de gagner l'Europe. Certains d'entre eux se feraient capturer et seraient vendus comme esclaves pour travailler, notamment, dans des champs.