BIEN-ÊTRE

Le lien entre intimidation et dépression se précise

Une raison de plus pour mettre fin à l'intimidation.

30/11/2017 09:54 EST | Actualisé 30/11/2017 09:54 EST
tommaso79 via Getty Images

Le processus inflammatoire déclenché par un stress social comme l'intimidation diminue l'étanchéité de la barrière qui sépare le cerveau et la circulation sanguine du reste du corps, ouvrant la porte à des molécules pro-inflammatoires qui favorisent l'apparition de symptômes dépressifs, ont découvert des chercheurs de l'Université Laval.

Les conclusions de leurs recherches sont publiées dans le plus récent numéro de la revue Nature Neuroscience.

Les chercheurs ont concentré leur attention sur la barrière hématoencéphalique (BHE), une structure qui prévient le passage des molécules et des microorganismes de la circulation sanguine périphérique vers le cerveau.

Des souris expérimentales ont été placées à répétition dans une cage où se trouvait, de l'autre côté d'un séparateur, une grosse souris agressive. L'examen microscopique d'une région du cerveau impliquée dans le contrôle de l'humeur a révélé que la morphologie de la BHE est altérée chez les souris devenues stressées à la suite de cette exposition.

L'altération de la BHE chez les souris stressées a été suivie par l'entrée dans le cerveau de molécules pro-inflammatoires et par l'apparition de symptômes de type dépressif, notamment l'isolement social.

Les analyses des chercheurs ont montré que le niveau de claudine-5 dans cette région du cerveau était 50 pour cent plus faible chez les souris stressées que chez les autres souris. La claudine-5 est une protéine qui assure l'étanchéité de la BHE.

Pour déterminer si un mécanisme semblable pouvait être présent chez l'humain, les chercheurs ont fait appel à des banques de cerveaux post-mortem, dont la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas affilié à l'Université McGill. Leurs analyses ont montré que les niveaux de claudine-5 étaient 50 pour cent plus bas chez les 39 personnes qui souffraient de dépression majeure au moment de leur décès que chez les 24 sujets du groupe témoin.

La première auteure de l'étude, la professeure Caroline Ménard de la Faculté de médecine de l'Université Laval, assure que cette étude est la première à démontrer que l'inflammation périphérique induite par un stress social chronique peut influencer directement le cerveau en altérant l'intégrité de la barrière hématoencéphalique. Elle confirmerait également le rôle central de l'inflammation dans le développement de symptômes dépressifs.

VOIR AUSSI: