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Jusqu'à 700 000 migrants africains s'entassent dans des camps en Libye

Le gouvernement de la Côte d'Ivoire a indiqué avoir rapatrié la semaine dernière 316 de ses ressortissants coincés en Libye.

30/11/2017 19:10 EST | Actualisé 30/11/2017 19:10 EST
Ismail Zetouni / Reuters

De 400 000 à 700 000 migrants africains s'entassent dans des camps de fortune en Libye, souvent dans des conditions «inhumaines», a prévenu le président de la Commission de l'Union africaine, jeudi, à la fin d'un sommet de leaders européens et africains.

Le sommet entre pays de l'Union africaine et de l'Union européenne a largement porté sur la crise migratoire, après la diffusion d'images choquantes du réseau CNN montrant une vente aux enchères d'esclaves noirs en Libye qui a suscité un tollé à travers le monde.

Moussa Faki Mahamat a souligné l'urgence d'évacuer les milliers de migrants, dont des femmes et des enfants, qui s'entassent dans les camps en Libye.

Au moins 3800 migrants qui croupissent dans un camp de Tripoli doivent être secourus le plus rapidement possible, a dit M. Mahamat. La plupart d'entre eux sont originaires d'Afrique de l'Ouest.

«Et ce n'est qu'un camp», a souligné le président de la Commission de l'Union africaine. «Le gouvernement libyen nous a dit qu'il y en avait 42», et que certains abritaient un nombre encore plus grand de migrants, a-t-il ajouté.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 423 000 migrants ont été recensés en Libye le mois dernier. La plupart d'entre eux sont des hommes arrivés de pays pauvres de l'Afrique subsaharienne qui espèrent traverser la Méditerranée pour se rendre en Europe.

D'après un communiqué publié jeudi, les dirigeants européens et africains se sont entendus pour mener des «opérations d'évacuation d'urgence dans les prochains jours ou semaines» de migrants victimes des trafiquants en Libye.

Démanteler les réseaux

Le président français Emmanuel Macron a affirmé que les pays européens et africains, dont la Libye, se penchaient avec l'ONU sur des moyens de «démanteler les réseaux et leur financement et interpeller les trafiquants».

«Nous allons lancer une initiative concrète militaire et policière sur le terrain. Il faut aussi des sanctions», a dit M. Macron dans une entrevue accordée à France 24 et à RFI.

«Ce qui se passe en Libye, c'est un crime contre l'humanité. Nous devons dénoncer et agir. Nous devons nous attaquer collectivement aux réseaux de passeurs», a-t-il poursuivi.

«Ces passeurs sont liés à des réseaux terroristes. Ce sont parfois les mêmes que ceux qui nous font la guerre.»

Certains pays africains ont déjà déployé des mesures pour rapatrier leurs ressortissants. Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a ainsi annoncé mercredi que tous les Nigérians coincés en Libye et dans d'autres régions du monde seraient ramenés au pays et «réhabilités». Il s'est dit choqué que «certains Nigérians soient vendus comme des chèvres pour quelques dollars en Libye».

Le gouvernement de la Côte d'Ivoire a indiqué avoir rapatrié la semaine dernière 316 de ses ressortissants coincés en Libye.