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De nombreux anglophones sont surpris du débat actuel sur le «Bonjour-Hi»

Ce sujet a fait couler beaucoup d'encre jeudi.

30/11/2017 15:41 EST | Actualisé 30/11/2017 15:41 EST

De nombreux anglophones sont surpris du débat actuel sur le «bonjour-hi»: ils apprécient l'expression de courtoisie — avec le français en premier — et jugent que l'Assemblée nationale devrait avoir d'autres chats à fouetter.

Pour Caroline Harper, propriétaire de Piorra Maison inc., une boutique «art de vivre» ayant pignon sur rue à Montréal et à Pointe-Claire, la formule de salutation bilingue est courtoise et permet d'envoyer le signal que le client peut être servi en français ou en anglais, selon sa préférence.

La femme qui se décrit comme une anglophone n'a jamais entendu quiconque se plaindre de la formule. Elle trouve que cela n'a rien à voir avec la politique: il s'agit plutôt d'une pratique des commerçants qui veulent être accueillants avec leurs clients et les touristes qui ne parlent pas le français. On ne veut pas perdre des ventes, insiste-t-elle.

Et les politiciens devraient se concentrer sur des sujets plus urgents, comme l'attente dans les salles d'urgence des hôpitaux et les soins aux personnes âgées, a-t-elle notamment fait valoir en français, lors de l'entrevue.

James Shae, le président du Quebec Community Groups Network, trouve que la formule de politesse marche très bien. Il estime qu'elle ouvre la porte à la communication.

À plusieurs reprises lors de l'entrevue, il s'est dit «surpris» du débat qui a eu lieu mercredi et jeudi à l'Assemblée nationale. Ce jeudi, les députés ont voté unanimement en faveur d'une motion «invitant tous les commerçants et tous les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale de les accueillir chaleureusement avec le mot Bonjour», un mot qui est reconnu universellement.

M. Shae juge que la formule bilingue est respectueuse et espère qu'il y aura aussi un respect pour les citoyens anglophones. Mais il n'est pas content que l'on parle actuellement de la langue anglaise comme d'un «irritant».

Il s'agit d'un bien grand débat pour deux petits mots, résume-t-il

Robert Soroka, un professeur de marketing au Collège Dawson, trouve que la salutation bilingue est sympathique. Il souligne que le «bonjour» vient toujours en premier, ce qui reflète pour lui le fait que le Québec est une province française. La formule indique le désir d'engager la conversation, ajoute-t-il.

En tant qu'anglophone, cela le fait se sentir bienvenu. Et il aimerait aussi que les élus s'occupent de problèmes plus pressants.

Tyler Andrews est du même avis: il trouve que la salutation «bonjour-hi» renforce le fait que le français est la langue de la province. Le natif d'Ottawa venu s'installer à Montréal il y a un an et demi croit que certains partis politiques essaient de marquer des points avant la prochaine élection avec un tel débat et tentent de démontrer leur pertinence sur la scène politique.