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Air Transat blâmée pour l'incident du 31 juillet à Ottawa

Des centaines de passagers étaient restés à l'intérieur de ses avions durant des heures.

30/11/2017 14:25 EST | Actualisé 30/11/2017 19:26 EST
Steve Russell via Getty Images

Air Transat dédommagera tous les passagers des vols coincés à l'aéroport d'Ottawa le 31 juillet dernier, a indiqué son président-directeur général, Jean-François Lemay, en entrevue quelques heures après la publication d'un rapport accablant de l'Office des transports du Canada (OTC), jeudi.

"Nous avons décidé après lecture du rapport de l'OTC que nous allions indemniser l'ensemble de nos passagers sur les quatre vols qui ont été immobilisés sur le tarmac de l'aéroport d'Ottawa cette journée-là et nous verserons à chacun de nos passagers un montant de 500 $", a-t-il précisé.

Quatre vols d'Air Transat avaient été détournés à l'aéroport d'Ottawa ce jour-là à cause de violents orages, mais l'OTC a seulement étudié le cas de deux d'entre eux. Il s'agit des vols TS507 et TS157 en provenance respectivement de Rome et de Bruxelles.

L'agence fédérale a condamné Air Transat à payer une amende de près de 300 000 $. Cette somme peut être utilisée par le transporteur pour indemniser les centaines de passagers des deux avions. L'OTC l'oblige aussi à couvrir les dépenses que ces voyageurs ont encourues.

Étant donné qu'Air Transat a décidé d'indemniser en tout 1200 passagers et non uniquement les 600 personnes à bord des deux appareils, la somme dépassera largement le montant de l'amende qu'il devait verser à l'OTC.

Dans sa décision, l'agence fédérale jette le blâme entièrement sur le transporteur aérien. Elle estime qu'Air Transat n'a pas respecté les termes du contrat qui le liait à ses passagers et qu'il aurait dû offrir des rafraîchissements, des collations et faire débarquer ses passagers après 90 minutes comme le prévoient ses règles tarifaires. Air Transat n'était pas dégagé de ses responsabilités même lors de situations hors de son contrôle, peut-on lire dans la décision.

Air Transat et l'aéroport d'Ottawa s'étaient mutuellement jeté le blâme au lendemain de l'incident.

Le transporteur aérien a accepté jeudi toutes les conclusions de l'OTC et s'appliquera à les mettre en oeuvre.

"En 30 ans d'histoire chez Air Transat, nous n'avions vécu une telle situation, a rappelé M. Lemay. Cela dit, à la lumière de la décision de l'OTC, nous devrons désormais après quatre heures d'attente automatiquement, forcément, débarquer les passagers."

Panique à bord

Cette décision survient presque quatre mois après que les deux vols du transporteur sont demeurés stationnés sur le tarmac durant cinq et six heures, respectivement, sans que les passagers puissent débarquer.

De violents orages avaient forcé ces vols en provenance du continent européen à se poser à Ottawa alors qu'ils devaient atterrir à Montréal.

Des passagers ont raconté l'état de panique à bord des appareils lors des audiences de l'OTC à la fin août. L'un des témoins avait alors comparé son expérience à une forme de torture. Il ne restait presque plus d'eau ni de nourriture à bord et le personnel refusait de les laisser sortir.

L'anxiété montait dans l'un des appareils, à un point tel qu'un passager a composé le 9-1-1. Le système électrique à bord de l'avion où il se trouvait avait cessé de fonctionner. Les passagers se sont donc retrouvés dans le noir et sans ventilation.

Lors des audiences, M. Lemay avait décrit une situation chaotique

à l'aéroport d'Ottawa. Les deux avions ont attendu pendant des heures un ravitaillement de carburant qui ne venait pas, malgré les appels répétés des pilotes.

Le gouvernement Trudeau veut créer une charte des voyageurs qui clarifierait les responsabilités des compagnies aériennes lors de tels incidents. Le projet de loi C-49 a été adopté par la Chambre des communes en octobre. Il doit maintenant cheminer au Sénat.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, espère toujours que son projet de loi soit adopté avant Noël pour pouvoir présenter en 2018 les règlements qui définiront sa Déclaration pour les droits des passagers. Ces règlements seront élaborés par l'OTC après une série de consultations qui seront tenues une fois que le projet de loi aura obtenu la sanction royale.