POLITIQUE

Les juges ne devraient pas obligatoirement être bilingues, estime Jagmeet Singh

Selon le chef du NPD, ce critère nuirait aux candidats autochtones.

29/11/2017 14:54 EST | Actualisé 29/11/2017 14:54 EST
THE CANADIAN PRESS/HO-University of Calgary-Adrian Shellard
La nouvelle juge de la Cour suprême du Canada, Sheilah Martin.

Le nouveau chef néo-démocrate Jagmeet Singh désavoue la position traditionnelle de son parti sur le bilinguisme des juges de la Cour suprême du Canada (CSC).

À son avis, les juristes autochtones ne devraient pas avoir une barrière supplémentaire à l'accession au banc du plus haut tribunal au pays.

La maîtrise des deux langues officielles ne devrait donc pas être un critère d'embauche dans le cas des Autochtones qui aspirent à un siège à la Cour suprême.

Le chef Singh a lancé ce pavé dans la mare mercredi, quelques heures après la nomination de la juge albertaine Sheilah L. Martin.

Cette position est en totale contradiction avec le projet de loi qu'a porté le député François Choquette — et d'autres avant lui — et qui a été battu en Chambre il y a quelques semaines.

Le prédécesseur de Jagmeet Singh à la barre du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a lui aussi toujours été un farouche défenseur du critère du bilinguisme pour les juges de la CSC.

Juge non autochtone

Le chef néo-démocrate a formulé ces propos lorsqu'il a été invité à réagir à la nomination de la juriste originaire de Montréal Sheilah L. Martin au poste de juge à la Cour suprême.

Le choix du premier ministre en décevra certains qui, dans les communautés autochtones, voulaient voir enfin un premier juge issu de leurs rangs à la CSC.

«J'ai été très content de demander à Sheila Martin hier soir d'être notre prochaine juge à la Cour suprême», a affirmé mercredi Justin Trudeau.

«C'est une personne avec énormément d'expérience à travers le pays, y compris dans le Nord, et je sais qu'elle va être excellente à la Cour suprême», a-t-il ajouté lors d'une brève mêlée de presse.

La nomination a été bien accueillie par les élus croisés dans les corridors du parlement, dont le député conservateur Alain Rayes.

«À première vue, ça semble être une personne extrêmement compétente qui maîtrise les deux langues, donc on est très contents», a-t-il offert mercredi matin.

La juge Martin a servi à la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta jusqu'en juin 2016, lorsqu'elle a été nommée juge à la Cour d'appel de l'Alberta, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.

La nomination annoncée mercredi assure que le banc de neuf membres demeurera complet après la retraite de la juge en chef Beverley McLachlin, le 15 décembre.

L'an dernier, le gouvernement libéral a mis en place un nouveau processus de nomination à la Cour suprême, afin d'encourager davantage d'ouverture et de diversité.

La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a noté cette semaine que le gouvernement s'était tourné du côté des juges de l'ouest et du nord du Canada pour pourvoir le poste.

Beverley McLachlin quittera ses fonctions après 28 ans à la Cour suprême, dont près de 18 ans comme juge en chef.

Mélanie Marquis, La Presse canadienne