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Le saumon sauvage menacé par des eaux souillées rejetées par des pisciculteurs

Un organisme international veut empêcher les pisciculteurs de rejeter dans l'océan leurs eaux usées souillées de sang de poisson.

29/11/2017 18:51 EST | Actualisé 29/11/2017 18:51 EST
Hailshadow via Getty Images

Un organisme international demande au ministre canadien des Pêches d'empêcher les pisciculteurs de rejeter dans l'océan leurs eaux usées souillées de sang de poisson après la transformation des saumons d'élevage.

Dans une vidéo tournée par un photographe de la Colombie-Britannique, qui est devenue virale cette semaine, on peut voir une traînée de liquide rougeâtre sortir d'une canalisation sous la surface de l'eau à Brown's Bay, au large de l'île de Vancouver, à environ 25 kilomètres au nord-ouest de Campbell River.

Selon le photographe, Tavish Campbell, des tests ont révélé que l'eau était contaminée par un réovirus pisciaire qui est mortel pour les saumons sauvages. M. Campbell soutient qu'il n'est membre d'aucun groupe militant, mais explique qu'il a grandi dans cette région et voulait savoir ce qui sortait de cette canalisation.

La Norvège a adopté des règles strictes pour obliger les pisciculteurs à désinfecter cette «eau souillée de sang», plaide M. Campbell.

Sa vidéo montre un rejet à quelques centaines de mètres d'une «pouponnière» de jeunes saumons sauvages, et le long d'une voie migratoire du fameux saumon du Pacifique.

L'organisme «Sum of Us», une communauté de quelque 14 millions de personnes «qui empêche les grandes entreprises de se comporter de manière irresponsable», a lancé une pétition mercredi pour demander au ministre canadien, Dominic Leblanc, de modifier la loi pour forcer les pisciculteurs à traiter leurs eaux usées, afin qu'aucun pathogène ne mette en péril la faune sauvage.

La porte-parole de «Sum of Us» au Canada, Emma Pullman, soutient qu'aucune loi fédérale ou provinciale ne régit les rejets d'eaux usées provenant des piscicultures et des usines de transformation.

Depuis la diffusion de la vidéo, le ministre Leblanc et le ministre de l'Environnement de la Colombie-Britannique, George Heyman, ont tous deux demandé une enquête. M. Leblanc a rappelé que les eaux résiduaires sont de compétence provinciale, mais il a quand même demandé à ses fonctionnaires de se pencher sur le dossier.

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