POLITIQUE

François Gendron s'excuse d'avoir utilisé le mot «nègre» devant des élèves

Le député du PQ, qui est aussi le doyen de l'Assemblée Nationale, a été élu pour la première fois en 1976.

29/11/2017 11:12 EST | Actualisé 29/11/2017 11:13 EST
PC

Le député du Parti québécois (PQ) et doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron, s'est excusé mercredi d'avoir utilisé le mot «nègre» lors d'une présentation dans une école secondaire.

Élu la première fois en 1976, M. Gendron est également troisième vice-président de l'Assemblée nationale.

C'est dans le cadre de ses fonctions de vice-président qu'il a visité l'École secondaire La Camaradière, à Québec, le mois dernier. Parlant de son expérience de ministre au parlement, M. Gendron a dit aux élèves avoir «travaillé comme un nègre».

Dans une plainte écrite obtenue par le réseau CTV, l'école mentionne que «quelques élèves d'origines africaine et haïtienne ont été choqués d'entendre l'expression (...) qui n'a pas sa place, le terme nègre étant péjoratif».

En mêlée de presse mercredi, M. Gendron a affirmé avoir présenté ses excuses à l'école. Il s'est excusé du bout des lèvres devant les journalistes, disant regretter d'avoir utilisé l'expression, qui signifie «travailler fort».

«Dans le contexte d'aujourd'hui, je reconnais que certaines personnes peuvent prétendre, alors que ce n'était pas du tout mon intention, et vous me connaissez, s'il y a quelqu'un qui est authentique, qui est ce qu'il est, c'est bien celui qui vous parle», a-t-il déclaré, avant d'ajouter avoir compris «qu'on a pas le droit d'utiliser cette expression-là dans le contexte d'aujourd'hui».

M. Gendron a du même souffle dénoncé qu'on «ait tenté de donner des proportions exagérées à l'affaire».

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a pour sa part invité les personnalités publiques à bannir l'expression «travailler comme un nègre» de leur vocabulaire.

«La société évolue, on a toutes sortes d'expressions qui viennent de notre passé. À mesure que la société évolue, on a plus conscience de l'importance de l'égalité et de l'impact de certains mots face à certaines communautés», a-t-il dit, estimant le dossier clos.

Mais le ministre de l'Immigration, David Heurtel, ne s'est pas satisfait des excuses de M. Gendron mercredi, les qualifiant de «premier pas». «Ce mot-là est complètement inacceptable, a-t-il affirmé. M. Gendron est un député du Parti québécois alors d'abord et avant tout je suggère justement que peut-être qu'il a besoin d'être plus sensibilisé à l'emploi de ces termes-là.»