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Université Laval: 40 % des étudiants auraient vécu de la violence sexuelle

Une victime sur trois (35,8 pour cent) n'a pas dévoilé la situation.

28/11/2017 15:26 EST | Actualisé 28/11/2017 15:28 EST
AFP/Getty Images

Quatre étudiantes ou étudiants sur 10 de l'Université Laval affirment avoir vécu un geste de violence sexuelle dans le contexte universitaire depuis leur arrivée à l'établissement d'enseignement.

C'est ce qu'indique une étude menée par trois chercheures de l'université québécoise dans la foulée du tour d'horizon provincial de l'Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en milieu universitaire (ESSIMU).

Selon cette enquête, qui a déjà été menée dans d'autres universités de la province, 57 pour cent des violences répertoriées auraient eu lieu dans une fête ou une activité sociale (excluant les initiations), tandis que 37 pour cent se seraient déroulées dans un contexte d'études.

Les initiations départementales ou facultaires seraient associées à 19 pour cent des cas de violences rapportés.

Les violences sexuelles incluent notamment le harcèlement sexuel, les comportements sexuels non désirés et la coercition sexuelle.

Une personne sur cinq (22,5 pour cent) indique avoir vécu des comportements sexuels non désirés, souligne l'étude.

«En regard de cette catégorie de violence sexuelle en milieu universitaire, il est important de noter qu'une proportion non négligeable des répondant(es) rapportent avoir subi une tentative d'agression sexuelle ou une agression sexuelle. Cinq pour cent des étudiantes ont rapporté une tentative d'agression sexuelle et 3 pour cent une agression sexuelle, alors que les étudiants et les membres du personnel ont rapporté 2 pour cent de tentatives et 1 pour cent d'agression sexuelle», peut-on lire dans l'étude.

Peu de dénonciations

Les chercheures ont noté que plusieurs victimes gardent le silence à la suite de ces gestes de violence sexuelle. Ainsi, une victime sur trois (35,8 pour cent) n'a pas dévoilé la situation.

Par ailleurs, seules 14,5 pour cent des victimes ont signalé la situation spécifiquement aux instances de l'Université Laval.

Les raisons les plus fréquemment évoquées pour ne pas signaler sont de ne pas trouver l'incident assez grave ou de vouloir oublier l'incident.

«Plusieurs victimes mentionnent également ne pas avoir voulu dénoncer de peur de ne pas être crues, par crainte de représailles ou par peur d'un manque de confidentialité dans le traitement de la plainte», remarque l'étude.

Le rapport indique que les victimes subissent de nombreuses répercussions à la suite d'une violence sexuelle.

Celles-ci vont d'une difficulté à poursuivre les études à l'évitement de situations rappelant l'acte de violence, en passant par une modification de l'usage des médias sociaux, un état d'alerte constant et des problèmes intimes, affectifs ou de nature sexuelle.

L'enquête, réalisée de façon indépendante, a été menée à partir de 1963 questionnaires détaillés remplis en ligne.

Des recommandations

Le rapport propose certaines recommandations à la direction de l'Université Laval et aux différents intervenants du milieu.

«Nous invitons l'université à réfléchir à la mise en place d'une politique spécifique aux violences à caractère sexuel. Notre rapport suggère aussi des pistes de solution touchant autant l'approche à privilégier, les ressources à consacrer, les environnements social et physique, l'information, la sensibilisation, l'éducation, la formation, l'intervention, la recherche et l'innovation», fait valoir Isabelle Auclair, coauteure du rapport, par communiqué.

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