POLITIQUE

Québec solidaire veut «dégenrer» l’écriture le plus possible

Il n’y a pas que le mot «patrimoine» qui soit dans le collimateur du parti.

28/11/2017 14:22 EST | Actualisé 28/11/2017 17:52 EST
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Face au tollé engendré par une proposition de remplacer le mot «patrimoine» par «héritage culturel» dans le programme de Québec solidaire, la porte-parole Manon Massé persiste et signe : le parti veut « dégenrer » l'écriture « le plus possible ».

« Québec solidaire n'est pas le seul au monde qui commence à se poser des questions par rapport au langage utilisé, aux mots utilisés, aux expressions utilisées, et l'impact que ça a dans nos communautés », a-t-elle justifié en conférence de presse mardi matin.

Le Journal de Québec dévoilait que les mentions du « patrimoine », mot jugé trop masculin, avaient été rayées dans le programme de propositions du parti. Le parti débattra de cette proposition de l'association des Laurentides lors de son congrès en fin de semaine.

Questionnée par un journaliste quant à savoir si d'autres expressions – comme « langue maternelle » pourraient être proscrites ou étudiées par le parti, Mme Massé a répondu que c'était « intéressant » comme idée.

« La langue maternelle, c'est quoi? C'est que les femmes sont les seules responsables de la transmission de la langue? Est-ce que c'est ça qu'on sous-entend? On est au 21e siècle, on peut commencer à réfléchir à ces questions-là sans en faire un drame national. »

L'écriture dite inclusive – ou langage épicène – vise à rendre les langues neutres. En plus de la féminisation des noms, elle modifie aussi l'appellation des noms et y ajoutant le masculin et le féminin (comme étudiant.e.s, par exemple).

Or, cette pratique ne fait pas l'unanimité. Pour preuve, l'Académie française a condamné ce type d'écriture, qui crée « une confusion qui confine à l'illisibilité ».

Quand les réseaux sociaux s'en mêlent

L'idée de bannir le mot « patrimoine » a enflammé les réseaux sociaux, mardi. Quelques indépendantistes ont même tourné au ridicule la possible fusion entre Québec solidaire et Option nationale, qui devrait être entérinée dans les prochains jours.

Un conseiller du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s'en est aussi mêlé, en disant qu'il y a des problèmes plus urgents à régler.

D'autres ont trouvé la proposition comique, tout simplement.

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