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Molson Coors quittera Montréal et construira sa nouvelle brasserie à Longueuil

Le brasseur était sur la rue Notre-Dame Est, à Montréal, depuis 1786.

28/11/2017 11:27 EST | Actualisé 28/11/2017 13:35 EST
Olivier Robichaud

C'est fait: Molson a choisi Longueuil pour accueillir sa nouvelle brasserie. La compagnie a annoncé la nouvelle mardi.

La Ville de Longueuil et la brasserie ont confirmé que Molson s'installera sur un terrain situé près de l'aéroport Longueuil-Saint-Hubert. L'offre d'achat sera entérinée le 5 décembre, lors de la rencontre mensuelle du conseil municipal.

Il s'agit d'un investissement de 500 millions $.

L'entreprise souligne toutefois son attachement à Montréal.

«En tant que plus vieux brasseur d'Amérique du Nord, nos racines demeureront toujours à Montréal. Nos 230 ans d'histoire sont une source de fierté pour notre entreprise et nos employés. Nous sommes incroyablement enthousiasmés par cet investissement emblématique tant dans notre passé que dans notre futur», affirme Frederic Landtmeters, président et chef de la direction de Molson Coors Canada.

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, se réjouit de la nouvelle.

«Ce geste important vient récompenser des années d'efforts à développer notre ville et particulièrement la zone aéroportuaire afin d'en faire un pôle stratégique de développement industriel. Cette décision d'investissement démontre hors de tout doute que Longueuil est un partenaire de premier choix pour une entreprise aussi prestigieuse que Molson Coors et témoigne du dynamisme économique de notre ville», dit-elle.

À qui la faute?

La nouvelle est un dur coup pour Montréal, qui tentait de maintenir la brasserie sur son territoire. La nouvelle mairesse Valérie Plante et le chef de l'opposition Lionel Perez se renvoient la responsabilité de cette perte.

«Dès mon arrivée en poste, j'ai fait des représentations auprès de la famille Molson et des gestionnaires de l'entreprise afin de faire valoir les bénéfices du maintien des activités de la brasserie à Montréal. Malheureusement, l'offre bonifiée que nous avons soumise n'a pu être étudiée par le conseil d'administration de la brasserie Molson Coors, qui avait déjà pris sa décision», affirme-t-elle.

Mme Plante ajoute que l'administration Coderre avait travaillé pendant deux ans sur ce dossier, sans succès, alors que la sienne n'est au pouvoir que depuis trois semaines.

N'empêche, M. Perez estime que la nouvelle mairesse est imputable de cet échec.

«Elle avait l'opportunité de bonifier l'offre, d'être à l'écoute de Molson Coors, de s'assurer d'offrir le maximum. Gouverner, c'est assumer», lance-t-il.

Questionné à savoir si l'administration dont il faisait partie aurait pu garder la brasserie, M. Perez a dit qu'il ne répondrait pas à des questions hypothétiques.

L'organisme Montréal International, chargé d'attirer des entreprises dans la région métropolitaine, se réjouit tout de même de l'annonce.

«Il s'agit d'une excellente nouvelle pour le Grand Montréal et son industrie brassicole, qui se traduira notamment par le maintien de centaines d'emplois dans la région, mais aussi par d'importantes retombées locales et internationales», souligne Hubert Bolduc, président-directeur général de Montréal International.

Les employés inquiets

Selon Éric Picotte, président du syndicat des employés de Molson Coors, la nouvelle est intéressante puisque les installations ne sont pas très loin du complexe actuel, situé sur la rue Notre-Dame à Montréal. Une certaine inquiétude règne toutefois parmi les employés parce qu'ils ne savent pas encore si l'ensemble des emplois seront conservés.

«Molson nous dit que ce sera le plus gros investissement de leur histoire, mais ils ne nous disent pas si ça va se traduire par une augmentation du volume de bière produite. Ils ne nous disent pas non plus si ça sera de la bière en bouteille ou en canette. Ça a un impact sur les emplois», souligne-t-il.

Que faire du site?

Molson Coors et Valérie Plante ont tous deux souligné la valeur importante du site sur lequel se trouve actuellement la brasserie. Situé près de l'eau à deux pas du Vieux-Montréal, l'endroit pourrait éventuellement offrir un nouvel accès au fleuve.

«Qu'il s'agisse de redonner accès au fleuve aux Montréalais et aux Montréalaises, de bâtir un nouveau quartier familial, ou encore de créer un nouveau pôle d'emploi, plus connecté à la réalité économique du Montréal d'aujourd'hui et de demain, le redéveloppement du site de la rue Notre-Dame nous permettra de redonner ce secteur industriel à la population. Je m'assurerai qu'elle soit partie prenante du nouveau projet de développement», affirme Mme Plante.

L'historien Laurent Turcot estime que la brasserie devrait devenir un musée soulignant l'importance de Molson dans l'histoire de Montréal.

L'entreprise affirme qu'elle assurera une transition et un développement harmonieux.

«Bien que les discussions débutent à peine, il ne fait aucun doute que la brasserie emblématique de Montréal ainsi que le site historique de Molson demeurent un héritage inestimable tant pour les Montréalais, la Ville de Montréal ainsi que pour Molson Coors», affirme l'entreprise dans un communiqué.