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Hommage à Villanueva: Plante envoie un message «étrange», selon les policiers

La mairesse a souligné que des erreurs ont été faites par le passé, dont celle qui a coûté la vie à Freddy Villanueva.

28/11/2017 16:04 EST | Actualisé 28/11/2017 18:11 EST
Mario Beauregard/PC

Les policiers de Montréal jugent que la mairesse Valérie Plante envoie un «message étrange et ambigu» en se disant ouverte à rendre hommage au jeune Freddy Villanueva, qui est mort sous les balles d'un policier lors d'une émeute à Montréal-Nord en 2008.

Lundi soir, au Conseil de ville, un citoyen, Solo Fugère, a demandé d'ériger une murale ou un mémorial en l'honneur de Freddy Villanueva, qui est devenu selon lui un «symbole de résistance».

Mme Plante s'est dite «tout à fait disposée» à examiner le projet. Elle a souligné que des erreurs ont été faites par le passé, dont celle qui a coûté la vie à Freddy Villanueva, «malgré la bonne volonté de tout un chacun, entre autres des agents de police».

Mardi matin, en point de presse à l'hôtel de ville, la mairesse a réitéré qu'il s'agissait d'une occasion «d'entendre, de prendre acte et de panser les plaies» et de «construire des ponts».

Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a rappelé qu'aucun de ses policiers n'avait été blâmé dans le cadre de cette opération qui «a été analysée sous toutes ses coutures et tous ses angles».

Le président du syndicat des policiers, Yves Francoeur, a invité la mairesse à relire le rapport du coroner, ajoutant que ce sujet «ne devrait pas être traité de façon approximative».

Il estime que cet enjeu délicat devrait être abordé «avec prudence et circonspection».

«Soulignons au passage qu'il n'y a pratiquement aucune trace dans l'espace public montréalais des 71 policiers et policières morts en service à Montréal au fil des ans», conclut le syndicat dans son communiqué.

Fredy Villanueva est mort le 9 août 2008 lors d'une opération policière d'abord banale. Les agissements du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de l'agent qui a tiré les coups de feu mortels ont été fortement critiqués au cours des enquêtes et des reportages, tout comme les gestes posés par le jeune homme, son frère Dany et leurs camarades.

L'affaire a mis en lumière les tensions profondes entre les communautés racisées de Montréal et le SPVM.

Par Olivier Robichaud, journaliste HuffPost Québec