POLITIQUE

Bill Morneau menace de poursuivre des députés conservateurs

Des allégations «absurdes» et «farfelues», dénonce le ministre fédéral des Finances.

28/11/2017 15:39 EST | Actualisé 28/11/2017 15:39 EST
Chris Wattie / Reuters

Des allégations «absurdes» et «farfelues». Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, n'a pas mâché ses mots pour se défendre des plus récentes critiques conservatrices.

Dans un court point de presse mardi, qui s'est déroulé en anglais uniquement, le ministre a menacé de poursuivre les députés qui l'accusent d'avoir commis un délit d'initié.

Les députés disposent d'une immunité parlementaire en Chambre, mais pas à l'extérieur. M. Morneau les a mis au défi de répéter leurs allégations hors des débats de la Chambre des communes.

Conservateurs et néo-démocrates ont continué de mitrailler le gouvernement lors de la période des questions mardi pour tenter de savoir si le ministre Morneau avait vendu pour 10 millions $ d'actions de Morneau Shepell, une entreprise fondée par son père, moins d'une semaine avant d'annoncer une nouvelle politique publique qui aurait fait plonger la valeur de ces actions.

Selon eux, cette nouvelle politique aurait fait perdre 500 000 $ à M. Morneau s'il n'avait pas vendu ses actions.

Les conservateurs avaient lancé le bal lundi pour tenter de connaître le moment précis où M. Morneau avait choisi de vendre une partie de ses actions.

Le ministre avait évité de répondre directement à ces questions lundi. C'était la première fois mardi qu'il les réfutait de vive voix.

Le premier ministre Justin Trudeau a balayé ces allégations du revers de la main en les qualifiant «d'attaques personnelles». Le ministre Morneau n'était pas en chambre pour la période des questions.

M. Morneau est depuis des semaines au coeur d'une controverse sur l'éthique. La commissaire aux conflits d'intérêts, Mary Dawson, a ouvert une enquête formelle afin de déterminer si le ministre s'est placé en situation de conflit d'intérêts sur la réforme de la Loi sur les normes de prestation de pension. Certains soutiennent que cette réforme profiterait à la firme Morneau Shepell, dans laquelle le ministre détient environ 21 millions $ en actions.

M. Morneau était encore président du conseil de Morneau Shepell, qu'il avait fondée avec son père, lorsqu'il a été nommé ministre des Finances deux semaines après les élections d'octobre 2015. Cette entreprise est spécialisée dans les ressources humaines et dans l'administration de fonds de pension.

Le 7 décembre 2015, le nouveau ministre des Finances déposait en Chambre un «avis de motion de voies et moyens» visant à réduire à 20,5 pour cent le taux d'imposition de 22 pour cent du revenu des particuliers. Pour aider à financer cette «baisse d'impôt pour la classe moyenne», le gouvernement libéral annonçait du même coup un nouveau taux maximal d'imposition de 33 pour cent sur les revenus de plus de 200 000 $.

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