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Arbitrage dans la construction: syndiqués soulagés, entrepreneurs déçus

En vertu de la loi spéciale qui avait été adoptée pour mettre fin à la grève, le 30 mai dernier, la ministre devait déférer «le ou les différends» à l'arbitrage.

28/11/2017 12:23 EST | Actualisé 28/11/2017 12:23 EST
LA PRESSE CANADIENNE

Les travailleurs de la construction poussent un soupir de soulagement à la suite de la décision de la ministre du Travail, Dominique Vien, de limiter le mandat de l'arbitre au litige sur les salaires. Mais les entrepreneurs, eux, y voient une occasion ratée.

Comme deux secteurs de l'industrie la construction, l'industriel et le commercial-institutionnel, n'ont pas réussi à s'entendre sur le renouvellement des conventions collectives à la date d'échéance du 30 octobre, la ministre du Travail doit référer le tout à un conseil d'arbitrage.

En vertu de la loi spéciale qui avait été adoptée pour mettre fin à la grève, le 30 mai dernier, la ministre devait déférer «le ou les différends» à l'arbitrage.

Or, une dizaine de points demeuraient en litige entre l'Alliance syndicale et l'Association de la construction du Québec, le 30 octobre dernier, a indiqué au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, Michel Trépanier, porte-parole de l'Alliance syndicale. Parmi ces points, on trouve les questions de conciliation travail-famille et de la rémunération des heures supplémentaires, par exemple.

Mais la ministre a choisi de limiter le mandat du conseil d'arbitrage à la seule question salariale, refusant ainsi de s'immiscer dans un processus de négociation privé entre les entrepreneurs en construction et l'Alliance syndicale.

«Présentement, ça fait juste nous rassurer. On salue le geste de la ministre qui est venue envoyer un message clair aux parties qu'elle ne favorisera aucune demande, soit patronale ou syndicale. Puis elle envoie un message clair que les prochaines négociations doivent se régler aux tables de négociation», a commenté M. Trépanier.

Mais le président de l'ACQ, Francis Roy, s'est montré déçu. «Le gouvernement rate une occasion en or de régler une fois pour toutes des points litigieux qui perdurent depuis trop longtemps et plombent la compétitivité de l'industrie de la construction», a-t-il opiné.

«Les employeurs seront ainsi privés d'une chance réelle de moderniser les conventions collectives dont certaines clauses sont archaïques», a ajouté M. Roy.

L'arbitre devra donc décider des augmentations de salaire qui seront versées aux ouvriers qui travaillent dans les secteurs industriel, commercial et institutionnel pour les trois prochaines années, soit jusqu'au 30 avril 2021.

Pour les autres clauses, «c'est le statu quo», a rapporté M. Trépanier.

Les deux autres secteurs de l'industrie, à savoir le résidentiel ainsi que le génie civil et voirie, étaient parvenus à s'entendre sur le renouvellement des conventions collectives. L'entente était complète et incluait donc les salaires.

L'Alliance syndicale représente les cinq organisations syndicales de l'industrie, soit, par ordre d'importance, la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (international), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction. Les cinq représentent les quelque 175 000 travailleurs de l'industrie.

L'Association de la construction du Québec représente 17 000 employeurs des secteurs industriel, commercial et institutionnel.

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