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Ottawa est soumis à une nouvelle pression pour aider l'industrie des journaux

Parallèlement, deux éditeurs nationaux ont annoncé la fermeture prochaine de dizaines de journaux communautaires et quotidiens.

27/11/2017 17:03 EST | Actualisé 27/11/2017 17:03 EST
bernie_photo via Getty Images

Le gouvernement fédéral est soumis à de nouvelles pressions pour trouver des solutions à la crise que traverse l'industrie canadienne des journaux, alors que deux éditeurs nationaux ont annoncé lundi la fermeture prochaine de dizaines de journaux communautaires et quotidiens.

Torstar et Postmedia Network ont indiqué qu'ils supprimeraient, au total, près de 300 emplois avec la fermeture de plus de 30 journaux, dont la plupart sont publiés en Ontario. Le leader syndical canadien Jerry Dias a estimé que ces fermetures étaient dévastatrices et a exhorté la ministre fédérale du Patrimoine, Mélanie Joly, à prendre des mesures pour protéger le journalisme écrit.

Mme Joly a dévoilé en septembre une stratégie culturelle qui a été critiquée par des experts de l'industrie en raison de son manque de mesures qui auraient pu donner un coup de pouce aux journaux canadiens, qui connaissent des difficultés.

À l'époque, la ministre avait indiqué qu'Ottawa ne souhaitait pas soutenir des modèles d'affaires qui n'étaient plus viables et que le gouvernement avait davantage l'intention d'encourager l'innovation, l'expérimentation et la transition vers des plateformes numériques.

Questionnée lundi pour savoir si l'annonce des fermetures l'encourageait à revoir son approche, la ministre Joly a répété que le gouvernement offrirait un appui, dans les mois à venir, aux médias locaux qui continuent de migrer vers des modèles sur le web.

La députée libérale Anita Vandenbeld, de la région d'Ottawa, a qualifié les fermetures — dont plusieurs auront un impact sur les journaux dans la capitale fédérale — de dénouement malheureux qui aura un impact sur la démocratie et compliquera la tâche des élus et des groupes communautaires qui veulent garder un contact avec les résidants de ces communautés.

Selon Mme Vandenbeld, si des solutions sont disponibles pour aider l'industrie, le gouvernement devrait les mettre en oeuvre. Mais elle juge que les difficultés de l'industrie s'inscrivent dans une tendance mondiale bien plus large.

«Je crois que cela fait partie d'une tendance bien plus grande et bien plus inquiétante dans le monde d'aujourd'hui — celle de la disparition d'un certain nombre de médias, du journalisme d'enquête, de médias imprimés —, qui n'est franchement pas bonne pour notre démocratie», a-t-elle affirmé.

«S'il y a des solutions, alors je crois que nous devrions absolument faire ce que nous pouvons faire. Mais je crois qu'il s'agit d'un problème sociétal bien plus important que chaque journal pris individuellement.»