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Avec le changement climatique, la souris mute et remonte au Nord

La souris à pattes blanches migre au rythme de 11 kilomètres par an.

27/11/2017 12:29 EST | Actualisé 27/11/2017 12:29 EST
Getty Images/iStockphoto

La morphologie de la souris se modifie sous l'effet du changement climatique et certaines espèces remontent plus au Nord avec des hivers plus doux, selon une étude de l'université McGill rendue publique lundi.

"Les hivers plus doux sont à l'origine de modifications morphologiques survenues au cours des cinquante dernières années chez deux espèces de souris du sud du Québec, exemple typique des conséquences du changement climatique sur les petits mammifères", écrit dans cette étude la biologiste Virginie Millien.

La recherche a porté pendant dix ans sur deux espèces communes à l'est de l'Amérique du Nord, la souris sylvestre et la souris à pattes blanches.

Avec des hivers moins rigoureux en moyenne, la souris à pattes blanches a migré plus au nord "au rythme d'environ 11 kilomètres par an", selon l'étude de McGill.

Il y a près d'un demi-siècle, neuf souris sur dix capturées sur une réserve propriété de McGill au mont Saint-Hilaire à 40 km à l'est de Montréal étaient des souris sylvestres.

Cette proportion est maintenant à l'avantage des souris à pattes blanches avec leur remontée vers le Nord.

"Selon la théorie de l'évolution, des changements morphologiques étaient susceptibles de se produire sous l'effet du changement climatique, mais nous disposions jusqu'à maintenant de très peu de données probantes témoignant de ce phénomène chez les mammifères", souligne Virginie Millien.

En comparant les données sur 10 ans et des spécimens conservés depuis les années 1950, l'équipe de chercheurs a constaté que "la morphologie du crâne des deux espèces de souris a évolué au fil du temps".

Les changements observés sont semblables chez les deux espèces, mais plus prononcés chez la souris à pattes blanches, et la morphologie du crâne est maintenant plus distincte entre les deux espèces, avec un crâne légèrement plus allongé.

L'étude montre aussi un recul des molaires sur la mâchoire qui "pourraient être attribuables à des modifications dans les habitudes alimentaires causées par le réchauffement climatique ainsi que par la concurrence que se livrent les deux espèces de souris pour se nourrir".

Cette modification de la structure dentaire "pourrait indiquer que ces mammifères se nourrissent maintenant d'un autre type de nourriture qu'ils doivent broyer avec leurs dents", selon les chercheurs.

"Reste à déterminer si ces changements sont d'origine génétique et seront transmis aux générations suivantes", poursuit l'étude.

Ces transformations physiques "sont considérables", insiste Virginie Millien car "nous parlons ici d'os et de dents, des structures solides difficilement malléables".

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