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France: un enseignant jugé pour une relation sexuelle avec une élève de 14 ans

Ce procès intervient alors que la question de l'âge de consentement à un acte sexuel, inexistant en France, doit être débattue au parlement l'an prochain.

26/11/2017 08:24 EST | Actualisé 26/11/2017 08:24 EST

Un professeur de mathématiques de 31 ans est jugé lundi en France pour avoir entretenu pendant plusieurs mois une relation sexuelle avec une fille de 14 ans qui avait été son élève.

Ce procès intervient alors que la question de l'âge de consentement minimum à un acte sexuel, inexistant en France contrairement à d'autres pays européens, doit être débattue au parlement l'an prochain.

Lors de la présentation samedi d'un "plan contre les violences sexistes et sexuelles", le président Emmanuel Macron a plaidé pour fixer cet âge à 15 ans.

L'enseignant comparaîtra lundi au tribunal de Fontainebleau, à 60 km au sud de Paris, pour corruption de mineur de moins de 15 ans et atteinte sexuelle sur mineur de moins de 15 ans par personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions.

Le beau-père de l'adolescente avait emmené de force l'enseignant au commissariat le 5 novembre après avoir appris leur histoire, présentée comme une "relation amoureuse" par la jeune fille, avait indiqué mi-novembre à l'AFP le procureur de Fontainebleau Guillaume Lescaux.

Le beau-père sera jugé ultérieurement pour violences et séquestration envers l'enseignant.

Selon le journal Le Parisien qui avait révélé l'affaire, le professeur et l'élève se seraient rapprochés en février dernier, en dialoguant via le réseau social Instagram, et auraient entamé une relation en juin. La collégienne avait été dans sa classe l'année dernière.

"C'est une enfant, une fleur bleue, elle croit au grand amour, il le sait en tant que professeur, il s'est servi de ça pour séduire ma fille", a déclaré à l'AFP la mère de l'adolescente. "Pour moi c'est un prédateur sexuel", a-t-elle ajouté, se disant "très déçue" que l'enquête n'ait pas été approfondie.

L'affaire a été "bouclée en 48 heures", a également déploré l'avocate de l'adolescente, Me Margaux Mazier. "Il n'y a pas eu d'investigation pour savoir si des adultes du collège connaissaient cette situation sans en informer les autorités compétentes, ce qui semble être le cas", a-t-elle notamment pointé.

Sollicité par l'AFP, le défenseur de l'enseignant n'a pas donné suite.

Selon la loi, l'atteinte sexuelle, qui recouvre tout acte sexuel entre un adulte et un mineur, est passible de 5 ans d'emprisonnement lorsqu'elle est commise sur un mineur de moins de 15 ans, une peine pouvant être aggravée lorsque les faits impliquent un adulte ayant autorité comme un parent ou un enseignant.