POLITIQUE

Clauses «orphelin» : Couillard veut attendre l’Ontario avant d’agir

Le président des jeunes libéraux n'est pas du même avis.

26/11/2017 17:36 EST | Actualisé 26/11/2017 17:37 EST

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard est venu tempérer les ardeurs du président de l'aile jeunesse de son parti, Stéphane Stril, dans le dossier des clauses de disparité de traitement aussi appelées clauses « orphelin ».

« Je souhaiterais qu'on soit accompagnés par au moins une grande province canadienne dans la même direction, a répondu le premier ministre Couillard, dimanche. Je ne voudrais pas qu'on se serve de cette raison pour délocaliser des entreprises ou ne pas faire d'investissements au Québec. »

Mais quelle « grande province » ? L'Ontario, « idéalement », puisqu'elle vient de réformer ses normes du travail, a-t-il indiqué. « Sur cette question-là, je vais certainement souhaiter voir avec mes collègues du gouvernement de l'Ontario quelle est leur attitude, quelles sont leurs prévisions. »

Le ministre André Fortin a publié un rapport sur les clauses de disparité de traitement, cette semaine. S'il reconnaît l'urgence d'agir, il recommande d'avoir l'aval des autres provinces et territoires avant d'interdire ces clauses qui toucheraient 150 000 travailleurs au Québec.

Dimanche, M. Stril a exhorté le gouvernement à envoyer un « signal clair à la jeunesse québécoise que le Parti libéral et que leur gouvernement sont derrière eux ». Il estime que les Québécois doivent rester des « précurseurs de changement social ».

« Sur cet enjeu d'équité intergénérationelle, le Québec doit être un réel leader canadien. Mais un leader n'attend pas le changement pour agir, un leader mène le changement », a tonné le président de la Commission-jeunesse dans un discours au Congrès des membres du Parti libéral du Québec.

La veille, il avait admis être quelque peu déçu du rapport Fortin et disait qu'il trouvait ses recommandations trop timides dans les circonstances.

Les clauses «orphelin» permettent aux employeurs d'offrir aux nouveaux salariés des conditions de travail qui diffèrent de celles dont bénéficient les salariés déjà en poste. Cette mesure désavantage surtout les jeunes travailleurs et les immigrants.