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Harcèlement: l'industrie du film du Canada veut adopter un code de conduite

Plusieurs représentants du milieu se sont réunis durant cinq heures derrière des portes closes.

25/11/2017 15:19 EST | Actualisé 25/11/2017 15:19 EST
Getty Images/iStockphoto

Les groupes représentant les artistes canadiens disent ressentir «l'urgence» de mettre en place une nouvelle approche commune pour mettre fin au harcèlement sexuel dans le milieu cinématographique, mais veulent aussi s'assurer de bien faire les choses.

Les représentants de 16 organisations, dont le syndicat des acteurs canadiens ACTRA, l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision ainsi que la Guilde canadienne des réalisateurs, se sont réunis avec un modérateur et quelques avocats, jeudi, afin de discuter de harcèlement sexuel, de discrimination, d'intimidation et de violence à l'occasion d'une rencontre de cinq heures qui s'est déroulée derrière des portes closes à Toronto.

Selon un communiqué, ils sont sortis de cette réunion avec un consensus sur le fait qu'il devait y avoir une politique de «tolérance zéro» envers de tels comportements et qu'améliorer l'égalité entre les genres et la diversité au sein de l'industrie faisait partie de la solution.

Ils ont également formulé quatre engagements, dont celui d'adopter un code de conduite à l'échelle de l'industrie qui définira clairement les critères par rapport aux comportements jugés appropriés et inappropriés, à l'application des règles et aux conséquences découlant de leur transgression.

En entrevue téléphonique vendredi, David Sparrow, le président national de l'ACTRA, n'a pas voulu donner d'échéancier pour l'implantation des mesures.

«Nous allons agir rapidement parce que nous voulons avoir certaines choses en place le plus vite possible. Mais l'ensemble des groupes croit que bien faire les choses est plus important que de les faire rapidement», a-t-il déclaré.

Kendrie Upton, la directrice générale de la branche britanno-colombienne de la Guilde, a abondé dans le même sens.

«Je pense qu'hésiter pourrait nous faire manquer un temps précieux, a-t-elle estimé. Mais en même temps, c'est aussi important de bien faire les choses et nous avons besoin d'un processus pour arriver avec des mesures justes, réfléchies et efficaces.»

Mme Upton a confié que la rencontre l'avait rendue très optimiste par rapport au changement de culture que les groupes veulent effectuer.

«Voir toutes ces grandes organisations assises à la même table et prêtes à travailler ensemble pour créer une nouvelle normalité qui assurera que tous les gens ont un milieu de travail sécuritaire et respectueux sur les plateaux canadiens, c'était très inspirant», a-t-elle indiqué.

C'est David Sparrow qui dirigera le groupe de travail chargé de rédiger le nouveau code de conduite.

«En ce qui concerne le code de conduite, je ne suis pas avocat alors je ne sais pas à quel point il sera contraignant sur le plan juridique», a-t-il admis.

Soulignant l'unanimité par rapport à la nécessité d'adopter une telle mesure, M. Sparrow a dit avoir bon espoir que les organisations dont un membre enfreindrait les règles ne resteraient pas les bras croisés.

«Je m'attendrai, si je me fie aux conversations que nous avons eues hier, à ce que les gens réagissent de manière positive à ce moment-là et interviennent auprès du membre fautif», a-t-il conclu.

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