POLITIQUE

Congrès du PLQ : «On n’est pas là pour parler du passé»

Entrevue avec Antoine Atallah, le nouveau président du PLQ.

25/11/2017 05:30 EST | Actualisé 25/11/2017 10:09 EST

QUÉBEC – Antoine Atallah, 31 ans, deviendra dès dimanche le président du Parti libéral du Québec. À l'aube d'une année électorale, il se donne pour mission de prouver qu'un parti qui a été au pouvoir presque 15 ans peut incarner le changement espéré par les Québécois.

En plus d'accélérer la « modernisation » du PLQ, le pharmacien souhaite rejoindre la base militante libérale – surtout dans les régions – pour qu'ensuite leurs idées cheminent jusqu'au gouvernement. Et que pense-t-il de « l'ère Charest »? Entrevue.

HuffPost Québec : Vous êtes un militant libéral de longue date, qui n'a jamais été candidat. Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à la présidence du parti?

Antoine Atallah : Notre parti est à un tournant historique. On célèbre notre 150e anniversaire, mais c'est surtout un moment où on va devoir se projeter dans l'avenir. En politique, les outils se transforment, comme dans toutes les sphères de la société.

Dans ma pharmacie, on change les outils technologiques, les gens veulent commander leurs médicaments par Internet. L'écosystème se transforme. C'est la même chose pour les partis politiques. Les façons de faire de la politique se transforment, puis je veux être là pour donner un élan pour projeter le parti au 21e siècle, pour renouveler le parti et s'assurer qu'on a tous les outils pour rejoindre les électeurs de toutes les générations.

Que voulez-vous dire par « renouveler le parti »?

L'idée, c'est de moderniser le parti, de valoriser le militantisme et les militants de la base. Je suis un gars qui vient de la base, je n'ai pas fait ma campagne à partir de l'édifice Honoré-Mercier. Je suis un p'tit gars de Sainte-Jovite, puis je le fais pour que les gens dans les régions sentent que le parti reflète leur volonté, leurs ambitions pour le Québec.

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L'ancienne ministre de la Famille, Carole Théberge, s'était montrée intéressée à briguer la présidence, puis a choisi de laisser tomber. Elle dit qu'il est « cruel » de faire de la politique de nos jours. Êtes-vous du même avis?

Je pense que les nouvelles technologies amplifient les succès et ils amplifient aussi les traits qui... sont plus particuliers. Est-ce que c'est cruel? C'est une bonne question. Moi, je ne l'ai jamais vécu personnellement. Tout va beaucoup plus vite de nos jours, et il faut être drôlement rapide pour essayer de gérer l'information qui nous arrive en plein visage.

Le Parti libéral du Québec est au pouvoir depuis 2003 – avec un bref intermède du Parti québécois. Vos critiques diront que les libéraux sont usés par le pouvoir. Comment allez-vous lutter contre ce sentiment-là?

On a de nouvelles choses à proposer. C'est l'exercice qu'on fait en fin de semaine. C'est ce que notre chef va nous dire en dressant un peu sa vision pour la suite des choses. Il y aura de la nouveauté, il y aura une nouvelle orientation.

On a fait ce qu'on a dit qu'on allait faire. On a fait le ménage des finances publiques, on s'est occupé des vraies affaires, c'est-à-dire de s'assurer que les Québécois travaillent, de s'assurer qu'ils ont des bons emplois, de s'assurer qu'ils ont un meilleur avenir à tracer pour leurs enfants. On ne s'est pas occupé de débats futiles sur les frontières de l'État, sur les chicanes avec Ottawa. On s'est occupé des vraies choses, de ce qui compte pour les gens. On va continuer de le faire.

Il y a tout de même un vent de changement qui souffle au Québec. L'élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal en est un bon exemple, non?

Les gens vont se poser la question, le jour de l'élection : comment le parti pour lequel je vais voter va-t-il rendre ma vie meilleure? Comment est-ce que le parti qui va être au pouvoir après l'élection l'an prochain va s'assurer un meilleur avenir à mes enfants? Comment est-ce qu'il va s'assurer que ma vie est plus facile après l'élection? Ça, c'est ce qu'on va offrir aux Québécois dans la prochaine campagne.

Le renouveau ne tombe pas du ciel. Il tombe des idées que les Québécois nous ont fourni. Ils tombent des réalités concrètes. Quand j'étais à Trois-Rivières, les gens nous ont donné des idées. Quand j'étais à Val-d'Or, les gens nous ont donné des idées. Ces idées-là, on les reprend et on les amène plus loin. C'est ça, le rôle d'un gouvernement. Puis qu'on soit là depuis un an, depuis deux ans, depuis 15 ans, ce n'est pas important. Il y a une seule date qui est importante, c'est la date de la prochaine élection et ce qu'on va avoir à offrir cette journée-là aux Québécois.

À quel point la Coalition avenir Québec est-elle une menace pour vous?

Le débat d'idées, il vient de partout. Il ne vient pas juste de la CAQ. Il vient de la société civile. Nous, on va être là pour porter les aspirations des Québécois. On n'est pas là contre la CAQ, on est là pour les Québécois, on est là pour leurs idées, on est là pour leur famille.

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La présence de l'ancien premier ministre Jean Charest aux célébrations du 150e anniversaire de votre parti fait grand bruit en fin de semaine et ce, alors que le premier ministre Philippe Couillard a tenté de prendre ses distances de son administration dans les derniers mois. Il vante maintenant son bilan. Vous penchez de quel côté?

On est fiers de nos réalisations. On a atteint l'égalité hommes-femmes au conseil des ministres, on a créé l'assurance parentale, on a livré des résultats pour les familles, on a gardé un marché du travail qui était somme toute stable malgré la plus grosse crise économique depuis 1929. On s'en est mieux tiré que partout ailleurs dans le monde, donc je pense qu'on a un bilan qui est somme toute favorable. Cela étant dit, on n'est pas là pour parler du passé, on est là pour parler de l'avenir.

Faut-il éviter de parler de l'ère Charest pour autant?

On a des réalisations importantes et je pense qu'il faut en être fiers. Maintenant, on est dans le gouvernement Couillard, on est dans le gouvernement de l'avenir, on a un gouvernement qui se projette dans le futur et c'est ce qu'on va offrir aux Québécois en fin de semaine.

Certains ex-présidents du PLQ ont profité de leur mandat comme tremplin pour ensuite faire le saut en politique active. Comptez-vous suivre leurs traces?

Je l'ai dit, je l'ai redit et je le redis : je ne serai pas candidat en 2018. Ce n'est pas mon projet politique. Moi, je suis là pour mon mandat de deux ans pour mener le parti à la prochaine campagne, pour faire avancer le parti, le moderniser. Peut-être qu'éventuellement, il y aura un deuxième mandat. On verra ensuite.

Je ne ferme pas la porte pour toujours, mais on verra en temps et lieu. Ce n'est pas une priorité pour moi. Il y a plein de façons de faire de la politique. On verra où la vie nous mène. Si ça arrive, ça arrive. Si je ne suis pas à l'Assemblée, je vais graviter autour du parti!

L'entrevue a été éditée et condensée à des fins de compréhension.

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