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Argentine: 10e jour de recherches du sous-marin, les familles en deuil

La Marine se refuse à déclarer qu'il n'y a plus aucune chance de retrouver des survivants.

25/11/2017 09:42 EST | Actualisé 25/11/2017 09:42 EST

Dix jours après le dernier signe de vie émis par le sous-marin argentin San Juan, les familles des 44 membres d'équipage avaient commencé samedi leur deuil et les recherches se poursuivaient avec le renfort attendu ce week-end d'un avion et d'un navire russes.

Officiellement, la Marine se refuse à déclarer qu'il n'y a plus aucune chance de retrouver des survivants. Mais les familles ont perdu tout espoir depuis qu'elle a annoncé jeudi qu'une explosion était survenue dans le périmètre où se trouvait le sous-marin.

Un rassemblement religieux était prévu samedi à 12h30 (15H30 GMT) devant la base navale de Mar del Plata, en soutien aux familles. La veille, une centaine de fidèles avaient organisé une procession religieuse vers la base.

Vendredi soir, un avion cargo Antonov s'est posé à Comodoro Rivadavia, base arrière pour la logistique des opérations de secours, qui seront engagées si le sous-marin est localisé.

Dimanche, un navire océanographique russe ultra-sophistiqué pouvant envoyer un petit sous-marin télécommandé jusqu'à 6.000 mètres de profondeur doit s'intégrer au dispositif.

Ils prêteront main forte aux avions et navires envoyés depuis une semaine par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Brésil ou le Chili.

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Deux sous-mariniers ont miraculeusement échappé au drame. Un technicien en communication a dû descendre du San Juan lors d'une escale à Ushuaia pour une mission à Buenos Aires avant de se rendre au Pérou, selon la Marine.

Un autre, Adrian Rothlisberger, a été exempté de mission sur le San Juan alors qu'il s'apprêtait à embarquer, car il devait finaliser l'achat de sa maison, procédure généralement longue et compliquée en Argentine, a révélé le journal Clarin.

"Nous pourrions nous réjouir, car c'est un miracle, mais nous nous mettons à la place des autres familles, nous savons qu'il aurait pu être un des 44", a confié la mère d'Adrian Rothlisberger, Sandra Álvarez.

Le président argentin Mauricio Macri a exigé vendredi "une enquête sérieuse, approfondie, qui permette d'avoir des certitudes" sur le sort du San Juan et d'élucider l'explosion.

Il faut déterminer, a-t-il ajouté, "comment un sous-marin qui (...) était en parfaite condition pour naviguer a été visiblement victime d'une explosion".

La juge Marta Yáñez a ouvert une enquête avec comme "objectif de déterminer les causes de l'explosion".

Le San Juan est porté disparu depuis le mercredi 15 novembre à 07h30 (10h30 GMT). Il n'a pas activé ses balises de détresse.

Jusqu'à 1000 m de fond

Dans la zone où a été enregistrée l'explosion, à 400 km des côtes argentines, les fonds océaniques vont de 200 à 1000 mètres, a précisé vendredi le porte-parole de la Marine argentine, le capitaine Enrique Balbi.

Au-delà de 600 mètres, le TR-1700 à propulsion diesel et électrique, de fabrication allemande et construit il y a 34 ans, se disloquerait sous la pression.

Les recherches sont désormais concentrées dans une zone plus restreinte de l'Atlantique sud. Treize pays au total y participent, a indiqué le capitaine Balbi.

Selon la presse argentine, le gouvernement prépare une purge au sein de la Marine, afin de sanctionner des dysfonctionnements. La presse avance que le ministre de la Défense avait été informé avec cinq jours de retard d'une avarie dans les batteries à bord du sous-marin.

Avant la rupture des communications, le commandant du submersible avait signalé un problème au niveau des batteries, une avarie qui, selon lui, n'était pas un obstacle à la poursuite de la navigation vers sa base.

La perte du San Juan porte un coup à la capacité opérationnelle de la Marine argentine. Entre 2008 et 2014, le pays avait investi 20 millions de dollars dans la modernisation du submersible qui constituait le joyau de l'armée argentine dont les équipements sont généralement obsolètes, faute de financements.