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Une trentaine de militaires expulsés cette année pour inconduite sexuelle

Jusqu'ici, cette année, 29 militaires ont été forcés de quitter l'armée; 10 autres ont pu rester mais ils ont reçu un avertissement, sont en probation ou ont dû consulter un thérapeute.

24/11/2017 16:00 EST | Actualisé 24/11/2017 16:00 EST
THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick
Le chef d'État-Major des forces armées canadiennes, Jonathan Vance.

Une trentaine de militaires ont été chassés des Forces armées canadiennes depuis le début de l'année pour des «comportements sexuels inappropriés», alors que des dizaines d'autres sont en attente d'une décision, indique le ministère de la Défense nationale.

Le chef d'état-major de la défense, Jonathan Vance, avait annoncé en avril dernier qu'il adopterait une «tolérance zéro» en matière d'inconduite sexuelle au sein des Forces. Il prévenait alors que tout militaire reconnu coupable serait expulsé de l'armée.

Jusqu'ici, cette année, 29 militaires ont été forcés de quitter l'armée; 10 autres ont pu rester mais ils ont reçu un avertissement, sont en probation ou ont dû consulter un thérapeute.

Ces données constituent toutefois la pointe de l'iceberg: des responsables indiquent qu'ils examinent actuellement 83 autres cas, certains en attente d'une décision judiciaire.

Le général Vance avait adopté la ligne dure face aux comportements sexuels inappropriés au sein des Forces armées à la suite de reportages accablants des médias, qui concluaient à un problème systémique et chronique.

Ces conclusions avaient été validées en 2015 dans le rapport de la commission d'enquête externe présidée par Marie Deschamps. L'ancienne juge de la Cour suprême du Canada avait été mandatée par les Forces armées pour évaluer l'ampleur du problème d'inconduite sexuelle et de harcèlement sexuel.

Mme Deschamps a conclu qu'il existait au sein de l'armée une «culture sous-jacente de la sexualisation (...) hostile aux femmes et aux LGTBQ et propice aux incidents graves que sont le harcèlement sexuel et l'agression sexuelle».