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Tunisie: auditions publiques sur la répression de manifestations en 2012

Ces événements se sont produits sous le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahdha, au pouvoir de fin 2011 à début 2014.

24/11/2017 16:59 EST | Actualisé 24/11/2017 16:59 EST
jcarillet via Getty Images

Plusieurs Tunisiens ont livré vendredi soir leur témoignage sur la répression de manifestations ayant fait des centaines de blessés à la chevrotine en 2012, dont les images ont marqué la mémoire collective.

Des victimes mais aussi l'ex-Premier ministre Hamadi Jebali, du parti islamiste Ennahdha alors au pouvoir, se sont exprimés en direct ou dans des extraits enregistrés, lors de cette séance d'auditions publiques retransmise à la télévision et consacrée aux violences à Siliana, ville déshéritée située à 120 km au sud-ouest de Tunis.

C'est l'Instance Vérité et Dignité (IVD), chargée de recenser les violations des droits de l'homme de 1955 à 2013, qui organisait cette séance, la douzième du genre.

Taïeb Kramet, 52 ans, a raconté qu'il était devant chez lui et ne participait pas aux manifestations lorsqu'il a été atteint d'une centaine de grains de chevrotine aux jambes, alors qu'il était de dos.

"La douleur persiste encore aujourd'hui", a dit M. Kramet, qui a gardé des séquelles affectant ses mouvements.

Souad Taamallah, elle, allait acheter du pain avec sa fille lorsqu'elles ont été visées par un policier "qui semblait se cacher derrière un arbre".

"J'ai été atteinte à la poitrine, aux jambes, aux mains et ma fille au cou", a dit Mme Taamallah.

"Nous voulons savoir qui est venu nous tirer dessus, qui les a envoyés avec de la chevrotine. Nous voulons qu'ils rendent des comptes et qu'ils s'excusent", a-t-elle martelé.

Ces évènements se sont produits sous le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahdha, au pouvoir de fin 2011 à début 2014.

Fin novembre 2012, près de deux ans après la révolution qui a balayé la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, des manifestations avaient été organisées à Siliana pour réclamer la libération de personnes détenues depuis 2011, un plan de développement économique pour cette région très pauvre, et le départ du gouverneur.

La police avait fait usage de la force et des centaines de personnes -manifestants ou non- avaient été blessées à la chevrotine. Une vingtaine de personnes avaient été éborgnées ou aveuglées par les tirs et l'armée avait fini par se déployer dans la ville pour rétablir le calme.

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