POLITIQUE

L'itinérance chez les vétérans absente de la stratégie fédérale sur le logement

Le nombre exact d'anciens combattants en situation d'itinérance n'est pas connu.

24/11/2017 18:20 EST | Actualisé 24/11/2017 18:22 EST

Les vétérans attendent avec impatience le programme tant attendu qui doit venir en aide aux anciens combattants en situation d'itinérance ou menacés de l'être, alors que la nouvelle stratégie fédérale sur le logement, annoncée cette semaine, ne prévoyait rien de précis pour eux.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau travaille depuis plus d'un an sur ce programme destiné spécifiquement aux Canadiens qui ont servi leur pays.

Dans sa nouvelle stratégie nationale sur le logement — dotée de 40 milliards $ sur dix ans —, le gouvernement fédéral reconnaissait simplement cette semaine que «l'itinérance chez les anciens combattants au Canada est inacceptable» et «qu'un seul ancien combattant sans abri, c'est déjà trop».

Par ailleurs, le budget de 2017 prévoyait une enveloppe de 4 millions $ destinée à un Fonds d'urgence pour les anciens combattants «en situation de crise».

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a précisé à La Presse canadienne que son collègue des Anciens Combattants, Seamus O'Regan, élaborait toujours les mesures destinées spécifiquement aux vétérans, sans donner plus de détails.

La porte-parole de ce ministère, Emily Gauthier, a indiqué que ce programme devrait être annoncé cet automne.

«Cette stratégie identifiera les lacunes dans les politiques et les programmes existants, et proposera des initiatives, fondées sur des données factuelles, qui mettront l'accent sur la prévention et l'élimination de l'itinérance chez les vétérans», a écrit Mme Gauthier dans un courriel.

Mais ceux qui côtoient régulièrement ces vétérans en situation d'itinérance se demandent pourquoi le gouvernement fédéral n'a pas déjà offert de solutions alors que des centaines, voire des milliers d'anciens combattants sont déjà dans une situation précaire.

«Le gouvernement devrait être gêné que 85 personnes se retrouvent dans la rue chaque soir dans la seule région de la Capitale-Nationale», lance le capitaine de vaisseau à la retraite Mark Eldridge, qui oeuvre aujourd'hui au sein d'un organisme bénévole d'Ottawa, «Initiative d'entraide entre militaires».

Le nombre exact d'anciens combattants en situation d'itinérance n'est pas connu. Le ministère des Anciens Combattants soutient qu'il en compte 785 dans sa base de données des prestataires, mais des études et recensements récents évoquent plutôt le chiffre de 3000 — voire beaucoup plus. Certains croient que ce nombre augmente sans cesse à cause du trouble de stress post-traumatique et des longs délais pour traiter les dossiers de retraite et d'invalidité.

Une ébauche de stratégie fédérale préparée en octobre 2016, obtenue par La Presse canadienne, prévoyait surtout d'offrir aux anciens combattants en situation de crise une aide financière pour payer le loyer ou l'hypothèque.

Ceux qui aident ces vétérans soutiennent qu'au-delà de l'argent, il faut aussi que tous les intervenants travaillent en concertation afin de combler les lacunes des différents programmes. Ils souhaiteraient aussi que les refuges et maisons d'hébergement pour itinérants soient davantage sensibilisés aux besoins spécifiques des anciens combattants.