POLITIQUE

Congrès du PLQ: Philippe Couillard multiplie les attaques contre François Legault

En comparaison, il n'a pas dit un seul mot sur Jean-François Lisée.

24/11/2017 21:37 EST | Actualisé 25/11/2017 10:09 EST

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard prend très au sérieux la montée dans les sondages de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Vendredi soir, lors de l'ouverture du 33e congrès du Parti libéral du Québec (PLQ), qui se tient tout le week-end à Québec, M. Couillard a multiplié les attaques contre M. Legault, plus que jamais considéré comme un adversaire menaçant à neuf mois du prochain scrutin. En comparaison, il n'a pas dit un seul mot sur le chef péquiste Jean-François Lisée, dont il n'a même pas prononcé le nom.

Celui du chef caquiste est revenu à au moins six reprises dans le discours livré par M. Couillard, qui a dépeint M. Legault comme un homme changeant d'idée constamment, qui improvise et fonde ses positions politiques sur les sondages, les modes et l'actualité du jour.

Il a dénoncé «sa vieille façon de faire de la politique».

Comme il l'avait fait en Chambre cette semaine, le premier ministre s'est montré bien déterminé à ne plus «rien laisser passer» des propos jugés erronés tenus par le chef caquiste, qui occupe désormais la première place dans les sondages. Cela lui a valu une ovation.

Le congrès des libéraux, qui coïncide avec le 150e anniversaire du parti, est le dernier grand rassemblement des militants avant le prochain rendez-vous électoral.

D'ici dimanche, autour du thème «Le monde change: Le Québec se transforme», les 1400 militants présents devront jeter les bases de la plateforme électorale que le PLQ défendra lors du scrutin d'octobre 2018.

Le compte à rebours est commencé, a lancé M. Couillard à ses troupes réunies au Centre des congrès de Québec. Il ne reste que «312 jours» avant l'élection du prochain gouvernement, a-t-il rappelé, en traçant un bilan avantageux de son gouvernement.

Le temps fort du congrès risque cependant d'être la présence samedi soir de l'ex-premier ministre Jean Charest, à qui on rendra hommage, dans le cadre des célébrations entourant le 150e anniversaire du parti.

On sait que M. Charest prendra la parole à cette occasion, pour une rare fois depuis qu'il a quitté la vie politique en 2012 lors de la défaite de son parti.

Sa présence parmi ses anciens militants survient au moment où le nom de M. Charest est associé à l'enquête Mâchurer menée par l'UPAC sur le financement éventuellement illégal du PLQ au moment où il en était le chef.

Questionnés à leur arrivée, députés et ministres ont tous dit qu'ils étaient parfaitement à l'aise avec l'idée que M. Charest soit présent au congrès, malgré ce contexte.

«J'ai très hâte d'entendre ce qu'il a à dire aux délégués», a dit le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand.

Le député de Chomedey, Guy Ouellette, qui vient de réintégrer le caucus du parti, a rappelé que M. Charest avait légué «plusieurs bonnes choses» au Québec.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est dit «très enthousiaste» à l'idée d'entendre de nouveau M. Charest.

Il a dit qu'il fallait «arrêter d'étiqueter les gens sur des fondements qui ne sont pas démontrés» et insister plutôt «sur les bonnes choses» faites par M. Charest, comme le Plan nord.