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Lutter contre le fentanyl grâce à la guerre au blanchiment d'argent

En retraçant les mouvements illégaux de fonds des trafiquants.

23/11/2017 16:23 EST | Actualisé 23/11/2017 16:23 EST

L'agence canadienne qui lutte contre le blanchiment d'argent collabore aussi avec les corps policiers dans la guerre au fentanyl, en retraçant les mouvements illégaux de fonds des trafiquants.

Barry MacKillop, directeur intérimaire du Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), a confirmé jeudi que l'agence avait transmis à ses partenaires des renseignements liés au trafic de ce dangereux opioïde de synthèse, qui fait des ravages dans les rues de certaines villes canadiennes.

Cette semaine encore, le rôle du CANAFE a été souligné dans une enquête sur un réseau de trafiquants à Calgary qui a permis la saisie de plusieurs drogues, dont du fentanyl, d'une valeur de plus de 4 millions $.

L'agence tente de retracer les mouvements de fonds liés au blanchiment d'argent ou au terrorisme en traitant chaque année des millions de renseignements en provenance des institutions financières, des compagnies d'assurance, des courtiers en valeurs, des entreprises de transfert de fonds, des courtiers immobiliers et même des casinos.

L'an dernier, par exemple, le CANAFE a reçu 10,5 millions de déclarations d'«opérations importantes en espèces», et près de 126 000 déclarations d'«opérations douteuses», sur un total de 24,7 millions de déclarations d'opérations financières diverses. L'agence note une hausse de 10 pour cent du nombre de déclarations d'«opérations douteuses» par rapport à l'année précédente.

Le rapport annuel du CANAFE, déposé au Parlement jeudi, indique que l'agence a transmis 2015 «communications de renseignements financiers» aux forces policières et aux organismes de la sécurité nationale en 2016-2017, pour les aider dans leurs enquêtes. Il s'agit d'une hausse de 24 pour cent par rapport à l'année précédente.

De ces 2015 communications, 68 pour cent étaient liées au blanchiment d'argent et 23 pour cent au financement des activités terroristes et aux menaces pour la sécurité du Canada; neuf pour cent des communications étaient liées à tous ces secteurs en même temps.

Ces renseignements sont transmis à la Gendarmerie royale du Canada et aux autres corps policiers, mais aussi au Service canadien du renseignement de sécurité.