POLITIQUE

Logement: Ottawa muet sur un éventuel retrait du Québec avec compensation

Québec souhaite continuer à gérer ses propres programmes en habitation en recevant l'argent prévu par le fédéral.

23/11/2017 11:46 EST | Actualisé 23/11/2017 13:47 EST
Olivier Robichaud

Le ministre fédéral responsable du logement, Jean-Yves Duclos, est resté évasif jeudi sur la question d'un possible retrait du Québec de la Stratégie nationale sur le logement, annoncée la vieille par son gouvernement. Québec souhaite continuer à gérer ses propres programmes en habitation en recevant l'argent prévu par le fédéral.

Mercredi, son homologue du Québec, Lise Thériault, a souligné que l'habitation est une compétence des provinces. À ce titre, elle aimerait que le Québec puisse se retirer de la Stratégie nationale avec pleine compensation financière.

M. Duclos, ministre responsable de la Famille, des Enfants, du Développement social et de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, affirme que cela ferait partie des discussions à avoir avec les provinces. Il a toutefois souligné à plusieurs reprises l'importance du réengagement du fédéral dans ce domaine. Il estime aussi que le programme canadien offre une certaine flexibilité.

«J'étais à Vancouver hier. Exactement la même demande a été faite et elle a été accueillie et comprise. Que ce soit en Colombie-Britannique, en Ontario ou au Nouveau-Brunswick, les besoins, les conditions sont différentes et les programmes et la façon pour le gouvernement canadien vont aussi être différents», dit-il.

M. Duclos a été questionné pas moins de six fois, jeudi, sur le sujet d'un retrait avec compensation financière, sans donner de réponse claire. Il préfère parler d'un «partenariat très respectueux» avec les provinces.

«Il va y avoir beaucoup de ressources qui seront transférées au gouvernement du Québec parce que c'est de cette façon que les investissements seront les plus fructueux. Il va y avoir le fonds de coinvestissement de 16 milliards $ sur 10 ans qui va être là aussi pour appuyer le gouvernement du Québec», dit-il.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le maire de Québec, Régis Labeaume, ont toutefois souligné leur préférence pour le retrait avec pleine compensation financière.

«Historiquement, la position de la Ville de Québec et de l'Union des municipalités du Québec, c'est que c'est une juridiction provinciale et nous devons être solidaires du gouvernement du Québec», affirme M. Labeaume.

Les deux maires soulignent toutefois l'importance de négociations rapides en ce sens.

«Il y a une opportunité qui vient du fédéral, affirme Mme Plante. Nous sommes confiants que Québec va saisir cette opportunité pour que le monde municipal puisse implanter ça le plus rapidement possible. Les besoins sont criants, autant à Montréal qu'à travers la province.»

La Stratégie nationale sur le logement prévoit des investissements de 40 G$ sur 10 ans pour réduire l'itinérance et améliorer l'offre et la qualité des logements sociaux. Environ 300 000 ménages à travers le pays bénéficieraient de ces sommes.

M. Duclos estime qu'environ le quart des ressources seraient prévues pour le Québec. Il n'avait toutefois pas de chiffres à donner pour Montréal.

En campagne électorale, Mme Plante a promis l'ajout de 12 000 logements sociaux et abordables au cours des quatre prochaines années. À cela s'ajoutent 1200 logements pour itinérants.